Ce qui pousse les Grands-Bretons à décamper

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Tout se ligue pour que les sujets de Sa Majesté s'isolent. Le sens des affaires leur avait fait rallier l'Europe en 1973. Ils se posent aujourd'hui en gardes-frontières révulsés. Retour sur un retournement de situation…

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Rien n'y fait, pas même le meurtre de la députée Jo Cox : le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord vit un phénomène de cristallisation politique, le Brexit. La sortie des structures intégrées de l'Europe relève, outre-Manche, des tours et détours de la mémoire. S'est en effet tenu là-bas, en 1975, deux ans après l'adhésion à la CEE, un référendum mouvementé. Or les arguments d'il y a 41 ans sont désormais parés d'un nouvel éclat aux yeux de l'esprit public. Nous retrouvons, dans le champ électoral, cette cristallisation dont parlait Stendhal à propos de l'amour : « Aux mines de sel de Salzbourg, on jette dans les profondeurs abandonnées de la mine un rameau d’arbre effeuillé par l’hiver ; deux ou trois mois après, on le retire couvert de cristallisations brillantes : les plus petites branches, celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d’une mésange, sont garnies d’une infinité de diamants mobiles et éblouissants ; on ne peut plus reconnaître le rameau primitif. Ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l’objet aimé a de nouvelles perfections. »