Russie: visite de Macron dans un contexte de répression aggravée

La visite d'Emmanuel Macron en Russie, jeudi 24 et vendredi 25 mai, s'inscrit dans un contexte de répression aggravée alors que Vladimir Poutine a été réélu triomphalement à la tête de la Fédération en mars dernier.

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L'ONG Human Rights Watch publie ce mardi 23 mai un état des lieux accablant sur les libertés individuelles en Russie, à la veille d'une visite d'Emmanuel Macron à Saint-Pétersbourg. Le déplacement du président français intervient alors que Vladimir a été réélu triomphalement à la tête du pays le 18 mars, et à trois semaines de l'accueil par la Fédération de Russie de la Coupe du monde de football.

Human Rights Watch rappelle notamment que le défenseur des droits humains Oyub Titiev, directeur de l'organisation russe Memorial à Grozny, en Tchétchénie, est en détention depuis le 9 janvier. « Un simple coup de fil du président Poutine aux autorités tchétchènes pourrait permettre la libération d'Oyub Titiev », estime Bénédicte Jeannerod, directrice France à Human Rights Watch. « Emmanuel Macron devrait exhorter Poutine à faire en sorte que Titiev soit libéré avant le coup d’envoi de la Coupe du monde. »

Le gouvernement russe actuel est le plus répressif du pays depuis la fin de l'ère soviétique, selon l'organisation. Toutes les associations de défense des droits humains et celles qui acceptent le moindre financement étranger y sont enregistrées de force par le gouvernement comme des « agents de l’étranger », poussant beaucoup d’entre elles à la fermeture ou à la faillite. Au cours des 18 derniers mois, la police russe a par ailleurs arrêté des milliers de manifestants pacifiques et en a passé beaucoup à tabac, notamment ceux qui ont protesté à la veille de l'investiture de Poutine, le 7 mai. La répression passe également par des limitations d'accès à certains sites internet et réseaux sociaux.

Aux exemples recensés par le communiqué de Human Rights Watch, que l'on peut consulter ici, s'ajoute le cas du cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, condamné à vingt ans de prison par la justice russe dans la foulée de l'annexion de la Crimée, en 2014. L'homme a commencé, il y a dix jours, une grève de la faim illimitée pour demander sa libération ainsi que celle des 64 autres prisonniers politiques ukrainiens détenus comme lui en Russie. 

 

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