Imposé à une droite et à une gauche réticentes par Nicolas Sarkozy et par François Hollande (lire ici notre enquête et là le résultat du scrutin), le vote par le Parlement français d’une loi pénalisant la négation du génocide arménien est une faute politique. En déplaçant sur le terrain judiciaire – précisément : un an de prison et 45.000 euros d’amende en cas de contestation ou de minimisation de façon outrancière d’un génocide reconnu par la loi française – la bataille contre les assassins de la mémoire, il désarme la vérité historique, dévitalise l’espace public et fait le jeu du négationnisme qu’il entend combattre, en l’espèce du nationalisme turc. Démonstration dans ce parti pris.