Daryush Shayegan: la poésie, ultime quête du philosophe

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Le célèbre penseur iranien s’est éteint à Téhéran. Lui qui se réclamait des Lumières avait le premier décrypté la révolution islamique, et expliqué le choc de la modernité dans les sociétés traditionnelles. Étudiant la schizophrénie qui menace le monde non occidental, il laisse comme testament un grand livre sur la poésie persane, dans laquelle il voit un des sommets de l’esprit humain.

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Lors de son ultime passage à Paris, un soir de novembre, Daryush Shayegan avait convié le grand poète mystique Hâfez à le rejoindre au café Le Select, où il avait quelques habitudes. « Il est avec nous », avait annoncé le philosophe, comme s’il s’agissait d’une évidence, avant de commander un Martini. Le grand poète iranien du XIVe siècle, qui enchanta Victor Hugo, Goethe et Nietzsche, a beau être enterré dans les jardins de Chiraz, il était aussi assis aux côtés de Shayegan dans la brasserie du boulevard Montparnasse. C’est ainsi : les Iraniens ont une telle vénération pour leurs grands poètes classiques qu’ils les emmènent partout avec eux. Même dans les troquets parisiens.