Ventes d'armes: l'obsession saoudienne de la France

Rapports ministériels lapidaires, opacité des sociétés, négation des droits de l’homme… Si le ministre de la défense saoudien a annulé sa visite à Paris ce lundi 25 avril, le commerce des armes avec l’Arabie saoudite reste une obsession française depuis l’élection de François Hollande. Quitte à ignorer les crimes de guerre probablement commis au moyen d'armes françaises.

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Les armes françaises permettent-elles de tuer des civils au Yémen ? Ce lundi 25 avril, le ministre de la défense saoudien devait se présenter à Paris pour négocier la signature de contrats de matériels militaires (lire la boîte noire de cet article). Accusée de commettre des crimes de guerre au Yémen, l’Arabie saoudite est devenue une obsession de la République française, version François Hollande. Un rapide coup d’œil aux visites bilatérales démontre l’activisme forcené de l’équipe de l’actuel président depuis son élection : sur 39 visites bilatérales depuis 1926 et la reconnaissance d’Abdelaziz ben Abderrahmane al-Saoud, fondateur du Royaume, 15 se sont déroulées entre novembre 2012 et la fin de l’année 2014, date à laquelle, sans doute lassée, l’ambassade de France à Riyad a arrêté sa comptabilité. À lui seul, le président de la République française a honoré le Royaume de deux visites d’État, en 2012 et 2013, et une troisième le 24 janvier 2015, au lendemain de l’annonce du décès du roi Abdallah. En fin d’année dernière, Manuel Valls s’est encore rendu à Riyad. Tandis qu'en mars 2016, le président Hollande remettait la Légion d'honneur au prince héritier saoudien, Mohammed ben Nayef.

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