L’appareil d’Etat turc est «paralysé», estime le chercheur Hamit Bozarslan

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L’État turc est en train de se désagréger. C’est du moins la thèse d’Hamit Bozarslan, directeur de recherche à l’Ehess et auteur de nombreux ouvrages sur la Turquie et le Moyen-Orient. Entretien, quelques jours après l’attentat de Gaziantep qui a fait 51 morts.

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Depuis le 21 août, la Turquie bombarde l’État islamique à la frontière syrienne, en représailles à l’attentat non revendiqué mais attribué à l'EI, et qui a fait 51 morts à Gaziantep samedi 20 août. Ce mercredi à l'aube, l'armée turque est entrée en Syrie pour repousser l'Etat islamique hors de la ville de Jarablus. Que fera-t-elle ensuite ? Impossible à dire, explique le chercheur Hamit Bozarslan. Pour ce directeur de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales (Ehess), la Turquie est devenue un « bateau ivre » au gré des « virages » pris par le président Erdogan. Derrière l’unité de façade de ce que Erdogan désigne comme la « nation turque », le chercheur, auteur de nombreux ouvrages sur le Moyen-Orient, explique que la Turquie est désormais devenue un acteur « imprévisible » au sein d'une géopolitique régionale instable. Entretien.