Retour à Gaza, une plaie ouverte

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Trois semaines après l'arrêt des bombardements, Gaza est en ruines. 55 000 bâtiments détruits, des amas de décombres, une population hébétée : la reconstruction coûterait plus de 5 milliards de dollars. Elle paraît utopique malgré les efforts de l'ONU. Reportage de notre envoyé spécial.

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De notre envoyé spécial à Gaza. De nuit, Gaza fait encore illusion. Vers 20 heures, quelques minutes après le coucher du soleil, les bateaux laissent derrière eux le petit port pour former une harmonieuse file indienne qui se déploie lentement le long du littoral. Puis les lampes halogènes s’allument, attirant les rares poissons qui s’aventurent si près des terres. En regardant ces lampions immobiles, seul un œil aguerri peut vite repérer les bateaux des gardes-côtes israéliens, positionnés derrière les pêcheurs le long de la bande de Gaza pour les empêcher de trop s'éloigner du port. Quitte à faire feu sur leurs embarcations, comme cela arrive chaque mois, officiellement par crainte de trafics d'armes ou de la contrebande.