Catalogne: «marathon pour la démocratie»

Par

La présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell, a inauguré, dimanche 24 septembre, le « marathon pour la démocratie ». Un acte symbolique destiné à défendre le référendum sur l’indépendance de la Catalogne, considéré comme illégal et anticonstitutionnel par le gouvernement central.

Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

De notre envoyée spéciale à Barcelone.- Carme Forcadell, présidente du Parlement catalan, a inauguré, dimanche 24 septembre, le « marathon pour la démocratie » aux portes de l’université de Barcelone. Un acte symbolique destiné à défendre le référendum sur l’indépendance de la Catalogne, prévu pour le 1er octobre et considéré comme illégal et anticonstitutionnel par le gouvernement central.

« “L’opération Tumulto” a commencé : ils [les membres du gouvernement central – ndlr] veulent signifier qu’en Catalogne il y a de la violence, mais il n’y en aura pas », a déclaré Forcadell en réponse aux dernières mesures de sécurité annoncées par Madrid. Les Mossos d’Esquadra (la force policière catalane) seront en effet contrôlés par le ministère de l’intérieur dans la perspective d’empêcher le référendum. « Ce n’est pas une confrontation entre les peuples ; tous les démocrates de tous les peuples d’Espagne sont ensemble », a-t-elle ajouté.

À la fin de ce « marathon », des bulletins de vote ont été distribués au public. L’organisation catalane « Unis x la República » a estimé qu’environ un million de bulletins ont été répartis. Les participants ont appelé à maintenir la « mobilisation sociale permanente », malgré la pression du gouvernement central.

Voici les intervenants de la vidéo ci-dessous :
– Anna Simó, députée d’Esquerra Republicana de Catalunya à l’Assemblée nationale catalane.
– Joan Giner, député de Podem Catalunya à l’Assemblée nationale catalane.
Eulàlia Reguant, députée de la Candidature d’unité populaire (CUP) à l’Assemblée nationale catalane.

  • Samedi: «On ne se rapproche pas de l’indépendance»

La tension ne cesse d’augmenter entre Madrid et Barcelone. À seulement une semaine de la date prévue pour la tenue du référendum sur l’indépendance de la Catalogne, le ministère de l’intérieur pourrait envisager le contrôle des Mossos (la force policière catalane) par le gouvernement central, selon les informations du journal catalan La Vanguardia. Cette décision aurait comme but la coordination de la politique de sécurité en Catalogne dans les prochains jours, dans la perspective, surtout, d’empêcher le référendum.

Le dialogue entre l’exécutif autonome catalan et le gouvernement central reste au point mort. Le président de la Generalitat (organisation politique de la communauté autonome de Catalogne), Carles Puigdemont, refuse d’abandonner le référendum que Madrid considère comme illégal et contraire à la Constitution espagnole. Sur son compte Twitter, Puigdemont a diffusé, samedi 23 septembre, un nouveau site Internet pour consulter les endroits où voter le 1-O, montrant qu’il restera sur sa position, malgré la pression du gouvernement central.

Pour comprendre tous les enjeux de la situation catalane, Mediapart a interrogé Enric Hernàndez, directeur du quotidien El Periódico de Catalunya.

  • Vendredi: entre Madrid et Barcelone, l’impasse est totale

Catalogne : pourquoi ils veulent l'indépendance © Mediapart

Quarante-huit heures après la vaste opération policière destinée à empêcher la tenue du référendum sur l’indépendance de la Catalogne, les six fonctionnaires arrêtés à cause de leur rôle dans l’organisation du scrutin ont été présentés à un juge d'instruction ce vendredi. Ils sont accusés de délits de désobéissance, de malversation et de sédition et risquent jusqu'à quinze ans de prison.

Jeudi, dans une allocution télévisée, le président de l'exécutif autonome catalan, Carles Puigdemont, ne s'est pas montré intimidé : « Nous le ferons [le référendum] parce que nous avons des plans de secours en place pour nous assurer qu'il aura lieu, mais avant tout parce qu'il a le soutien de l'immense majorité de la population qui en a assez de l'arrogance et des abus du gouvernement du Parti populaire. »

De son côté, Madrid maintient que le référendum est illégal et contraire à la Constitution. Vendredi, le ministre de l'intérieur, le conservateur Juan Ignacio Zoido, a déclaré que l'État espagnol allait envoyer « plus de renforts de la Guardia Civil et de la Policia Nacional pour aider les Mossos d'Esquadra à maintenir l'ordre et à empêcher la tenue du référendum ». Le vice-président de l'exécutif régional catalan, Oriol Junqueras, a reconnu que les opérations menées par la police espagnole dans la région allaient manifestement compliquer la préparation du scrutin.

À Barcelone, la mobilisation populaire ne faiblit pas : des milliers de personnes sont rassemblées nuit et jour devant la cité judiciaire. Dimanche, une grande manifestation est organisée place de la Catalogne.

Au lendemain du " coup d'État ", Barcelone reste mobilisée © Mediapart

  •  Mercredi soir: des milliers de Catalans dans les rues

Des milliers de Catalans dans les rues © Mediapart

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale