Dans la prison des frontières

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Breil-sur-Roya, Alpes-Maritimes, fin décembre 2018. Le nombre de personnes exilées passant la frontière franco-italienne a diminué, et le calme est revenu dans la vallée. Noël a pourtant apporté, une nuit, de nouvelles personnes en migrance qui, dans l’urgence, ont trouvé de l’aide auprès des habitants. Un texte de Nepthys Zwer accompagné de photos et de cartes.

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« Choukri et Abdelaziz viennent de Somalie. Abdelaziz est sur les routes depuis quatre ans. Il a traversé la Méditerranée avec 85 autres personnes à bord d’une embarcation de fortune. Somalie, Éthiopie, Soudan, Libye, Italie, Suisse, Allemagne, Paris, Italie de nouveau, il se cogne à toutes les frontières, mais il n’a aucune autre issue. Choukri vient de le rejoindre, laissant ses enfants à ses parents, le temps de trouver une solution viable. Elle reste en retrait, elle vient de subir une fausse couche. “Ce monde pourrait être tellement meilleur…”, s’attriste son mari.

[…] La Convention de Genève de 1951 garantit les droits des personnes demandant l’asile, mais ne règle pas pour autant la question de l’accès au territoire, qui, lui, relève, hors du cadre de la demande d’asile, des souverainetés nationales. Demander l’asile est un droit, qui impose de voir appliqué le principe de non-refoulement (toute personne migrante étant potentiellement réfugiée), mais pour faire valoir ce droit, il faut déjà être sur le territoire de l’État dans lequel on souhaite déposer sa demande. Or, si une personne pénètre sans autorisation le territoire d’un État, celui-ci la considère souvent dans l’illégalité. Les personnes en migrance se retrouvent ainsi prises dans un piège législatif. Le verrouillage de l’espace Schengen contraint les personnes fuyant les conflits et la misère à emprunter des voies de plus en plus risquées et les livre aux passeurs et aux trafiquants. Ne pouvant demander l’asile qu’à condition de se trouver sur le territoire d’un pays souverain, les réfugié·es n’ont d’autre issue que d’emprunter des routes de plus en plus périlleuses. Au printemps, quand la neige se retire, les Alpes n’en finissent pas de recracher les cadavres. »

Lire l’intégralité de ce texte ici sur Visiocarto.net.

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