Evo Morales tente de museler la presse bolivienne

Par Mélanie Bulan

Pressions sur les journalistes, boycott des encarts publicitaires, rachat par des entrepreneurs amis… Le gouvernement bolivien multiple les offensives envers les médias dont il n’apprécie pas la ligne éditoriale.

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Bolivie, correspondance.-  « Le cartel du mensonge. » Voilà comment le gouvernement bolivien qualifie les médias indépendants et leurs journalistes. Depuis quelques mois, le chef de l’État, Evo Morales, leur livre une guerre sans merci. Sa dernière offensive ? La préparation, pour la fin 2016, d’un documentaire consacré à ce supposé cartel. Quatre médias indépendants sont visés : les journaux Pagina Siete, basé à La Paz, et El Deber, de Santa Cruz ; l’agence de presse ANF et la radio Erbol. C’est le journaliste Andrés Salari, salarié d’une chaîne de télévision proche du gouvernement, Abya Yala, qui est chargé de réaliser ce film. « C’est probablement le parti d’Evo Morales, Movimiento al socialismo (MAS), qui finance l’opération », estime Emmanuel Colombié, responsable du bureau Amérique latine de Reporters sans frontières (RSF).