En Malaisie, la société civile au chevet des réfugiés rohingyas

Une myriade d’acteurs de la société civile tentent, dans un certain désordre, de compenser l’incurie du gouvernement de Malaisie et de porter assistance aux dizaines de milliers de réfugiés rohingyas auxquels le pays refuse l’asile et le droit de travailler.

Aude Vidal

27 février 2017 à 21h18

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Rangoun (Birmanie), Kuala Lumpur (Malaisie), de notre envoyée spéciale.- Mi-novembre 2016, une nouvelle crise secoue l’État birman d’Arakan (ou État de Rakhine, selon la terminologie du pouvoir birman actuel) : villages brûlés, femmes méthodiquement violées. La guerre contre les Rohingyas monte de nouveau en intensité. C’est l’occasion pour Najib Razak, le premier ministre de la Malaisie, de se présenter comme leur défenseur. Lors d’une grande manifestation à Kuala Lumpur le 4 décembre, il prévient les autorités birmanes : « Le monde ne peut pas regarder perpétrer un génocide sans rien faire. » S’ensuit un incident diplomatique avec la Birmanie, qui ferme ses frontières à ses citoyens souhaitant travailler en Malaisie. La mesure est susceptible d’y déstabiliser le marché du travail, déjà affecté par le départ de nombreux travailleurs étrangers à mesure que le ringgit malaisien perd de sa valeur. En permettant à des réfugiés rohingyas d’exercer une occupation légale, une idée suggérée par la Malaysian Employers Federation et qui concerne initialement 300 personnes, le premier ministre conjugue charité et intérêt bien compris.

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