Appel à la libération des journalistes de Reuters en Birmanie

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Les familles des deux journalistes de Reuters emprisonnés en Birmanie ont demandé leur grâce au président birman, a annoncé vendredi leur avocate Amal Clooney, qui a appelé la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi à accepter cette requête.
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NATIONS UNIES (Reuters) - Les familles des deux journalistes de Reuters emprisonnés en Birmanie ont demandé leur grâce au président birman, a annoncé vendredi leur avocate Amal Clooney, qui a appelé la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi à accepter cette requête.

"Le président peut accorder une grâce à tout moment après une condamnation. Il le fait après une consultation avec la dirigeante de la Birmanie, Aung San Suu Kyi", a déclaré Amal Clooney, membre de l'équipe juridique représentant les deux journalistes, Wa Lone, 32 ans et Kyaw Soe Oo, 28 ans.

Les familles des journalistes ont déjà présenté une demande de grâce, a précisé Amal Clooney.

Wa Lone et Kyaw Soe Oo, qui sont détenus depuis décembre 2017, ont été condamnés le 3 septembre dernier à sept ans de prison pour détention de secrets d'Etat en vertu d'une loi de l'époque coloniale.

Au moment de leur arrestation, ils enquêtaient sur le meurtre de dix Rohingyas, des musulmans apatrides, tués par les forces de sécurité et des bouddhistes dans l'Etat d'Arakan (Rakhine), dans l'ouest du pays, lors d'une opération de répression lancée en août 2017. Cette opération a provoqué l'exode de près de 700.000 Rohingyas au Bangladesh.

Aung San Suu Kyi, de plus en plus critiquée pour son silence face à la répression des Rohingyas, a déclaré mi-septembre lors d'un forum au Vietnam que la condamnation des deux journalistes n'était pas liée à la liberté d'expression et qu'ils pouvaient faire appel de cette décision de justice.

"Aung San Suu Kyi sait mieux que quiconque ce que c'est que d'être prisonnier politique en Birmanie. Elle a dormi dans une cellule de la prison où Wa Lone et Kyaw Soe Oo dorment maintenant", a déclaré Amal Clooney.

La lauréate du prix Nobel de la paix 1991 détient "la clé de leur liberté", a ajouté l'avocate.

Lors de cette conférence de presse, organisée par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'Onu, ont également été évoqués les cas de journalistes emprisonnés en Egypte, au Kirghizistan et au Bangladesh.

Selon le CPJ, 262 journalistes ont été jetés en prison dans le monde en 2017, la Turquie, la Chine et l'Egypte étant responsables de l'emprisonnement de 134 d'entre eux.

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