Grèce : bonjour tristesse

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Athènes ne remboursera pas le 1,6 milliard d'euros qu'elle devait au FMI ce mardi 30 juin. Un défaut de paiement est désormais inéluctable, pour la première fois au sein de l'Union européenne. Les dirigeants européens misent pourtant sur un « oui » à leurs propositions au référendum de dimanche. Cette fois-ci, leur erreur pourrait être fatale.

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Jean-Claude Juncker est en campagne. Depuis lundi matin, il milite pour le « oui » au référendum qui doit statuer sur les dernières « propositions » des créanciers à la Grèce – non sans avoir critiqué au préalable cette initiative démocratique d'Alexis Tsipras, pourtant obligé de s'en remettre à ses électeurs tant la feuille de route que les créanciers veulent faire passer est aux antipodes de ce pour quoi il a été élu. Le président de la commission européenne a-t-il seulement conscience de ce qu'il fait ? C'est précisément par ce type d'ingérences, incessantes depuis le début de la crise en Grèce, que les dirigeants européens se sont mis les Grecs à dos. Car les Grecs n'ont pas seulement vécu cinq années d'austérité dévastatrices pour les classes moyennes, ils ont aussi été humiliés, infantilisés et accusés de tous les maux par des chefs d’État, des représentants des institutions européennes et du FMI, ainsi qu'une certaine presse qui n'a de cesse, en Allemagne mais aussi en France, d'entretenir les stéréotypes et de chercher à monter les peuples européens les uns contre les autres.