En Ukraine, la loi martiale met le pays en tension

Par Sébastien Gobert

Depuis le 28 novembre, après l’attaque de trois navires militaires par les gardes-frontières russes en mer Noire, dix régions d’Ukraine frontalières de la Russie sont sous le coup de la loi martiale. Au quotidien, cela ne change guère la vie des populations. Mais alors que le président Porochenko est affaibli, « tout peut basculer très vite », prévient une habitante. 

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Kharkiv (Ukraine), envoyé spécial. - « Rien n’a changé. En tout cas, je n’ai rien remarqué. » Comme chaque soir, Nataliya Zanietchka longe la place de la Liberté de Kharkiv, l’une des plus grandes d’Europe, en sortant du travail. La ville et la région du même nom sont sous le coup de la loi martiale depuis 9 heures du matin, ce 28 novembre. Au même titre que neuf autres régions d’Ukraine frontalières de la Russie ou de zones sensibles. Pour autant, on ne voit ici ni barrage routier, ni blindé en patrouille. Aucun couvre-feu n’est prévu. Sur la place de la Liberté, de faux sapins de Noël géants sont en cours d’assemblage. Entre hystérie médiatique, récupération politique et incertitudes législatives, l’application de ce régime d’urgence semble n’avoir rien changé au quotidien des habitants de la seconde ville du pays.