L’arrivée de l’armée française à Kidal, au nord-est du Mali, marque une étape importante de l’intervention de Paris. Non parce que les soldats hexagonaux auraient « pris le bastion des islamistes », comme on a pu le lire ces derniers jours, bien au contraire, mais parce que, pour la première fois depuis trois semaines d’opérations armées, le politique devrait reprendre le pas sur le militaire. Tout d’abord, Kidal n’est pas « le bastion des islamistes », mais le berceau des révoltes touarègues. C’est la chute de Kidal, en mars 2012, concomitante du coup d’État militaire à Bamako, qui marque le début de la capture du Nord-Mali par l’alliance des rebelles touaregs et des islamistes. Or, si ces derniers s’épanouissent dans la région, ce ne sont pas eux qui la contrôlent historiquement.