D'après le dossier judiciaire portant sur l'espionnage de Greenpeace, dont Mediapart a pu prendre connaissance, l'organisation écologiste aurait été placée sous surveillance et infiltrée dès 2004, et ce à la demande d'EDF. Ce n'est pas seulement Greenpeace France qui aurait été espionnée mais différentes antennes européennes de l'association. Des témoignages, que nous révélons en exclusivité, semblent indiquer que les intrusions informatiques visant notamment Yannick Jadot auraient été réalisées à «l'instigation» d'EDF. Le directeur de Greenpeace France, Pascal Husting, met en cause le PDG Pierre Gadonneix et demande à son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, d'intervenir.
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Un vent de panique souffle à EDF depuis la révélation par Mediapart, le 31 mars, de la mise en cause de l'entreprise publique dans une affaire d'espionnage dont l'association écologiste Greenpeace a été la cible. Depuis trois jours, les mauvaises nouvelles s'accumulent pour la direction du géant français de l'électricité qui a dû se résoudre à annoncer, vendredi 10 avril en début de soirée, qu'elle relevait de leurs fonctions à titre «provisoire» deux hauts responsables de la sécurité impliqués dans l'affaire. Analyse.
Dans l'affaire d'espionnage informatique visant notamment Greenpeace, qui aurait été surveillé à la demande d'EDF, le juge de Nanterre, Thomas Cassuto, a procédé mardi 7 avril à une confrontation entre tous les mis en examen. Le numéro 2 de la sécurité d'EDF maintient n'avoir jamais demandé le piratage de l'ordinateur de l'ex-directeur de l'association. L'informaticien qui a réussi à infiltrer le système de Greenpeace assure avoir agi sur l'ordre de Kargus Consultants, une officine privée liée à EDF.
Avant que les principales puissances atomiques ne se rangent derrière Barack Obama appelant de ses vœux un monde sans armes nucléaires, le président des Etats-Unis doit convaincre les sénateurs américains de ratifier le traité sur la fin des essais nucléaires. Les élus pourraient mettre dans la balance un soutien aux industries militaires locales alors que le projet de budget du Pentagone pour 2010 prévoit la suppression de certains programmes.
Depuis lundi, le bilan du séisme de 6,3 sur l'échelle de Richter, qui a secoué la région des Abruzzes en Italie dans la nuit de dimanche, ne cesse de s'alourdir. Ce soir, les sites de la presse italienne font leur une avec les propos de Silvio Berlusconi, qui s'est rendu sur place en milieu de journée. Le chef du gouvernement annonce des aides financières pour une «reconstruction rapide», rapporte La Repubblica
L'enquête sur le piratage de l'ordinateur d'un ancien responsable de Greenpeace s'accélère. Les policiers de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication se sont rendus, vendredi, au siège de Greenpeace France pour y récupérer des informations. Les enquêteurs semblent convaincus que l'officine missionnée par EDF, Kargus consultants, est parvenue à pénétrer l'ensemble du système informatique de l'organisation écologiste. Lors d'une précédente perquisition, ils avaient saisi le procès-verbal d'un conseil d'administration de Greenpeace, renforçant les soupçons d'infiltration.
Les avocats des «9 de Tarnac» font défense commune. Fait rare: jeudi, ils ont détaillé publiquement une partie du dossier. Et demandent la «déqualification» des faits reprochés à leurs clients. Ambiance d'une drôle de conférence de presse et précisions de Mediapart sur les derniers indices de l'enquête. Sur fond de guerre de com' entre la police, la justice et la défense.
L'affaire du piratage de l'ordinateur d'un ancien responsable de Greenpeace, révélée par Mediapart mardi 31 mars, a provoqué un étonnant imbroglio juridique autour du statut du chef de la sécurité d'EDF, l'ex-contre-amiral Pascal Durieux. Ce dernier, présenté comme «témoin assisté» par son avocat, a été mis en examen selon le parquet! En fait, selon nos informations, cette confusion s'explique par une erreur matérielle commise dans le cabinet du juge Thomas Cassuto, qui aurait fait porter la mention «mis en examen» au lieu de «témoin assisté». Mercredi soir 1er avril, le magistrat instructeur, se rendant compte de ce «bug», a signé une «ordonnance de rectification d'erreur matérielle».
«Si l'implication d'EDF était avérée, on est là devant un scandale énorme»: telle fut, mardi 31 mars dans la matinée, la réaction de l'ancien directeur de Greenpeace, Yannick Jadot, qui a commenté lors d'une conférence les révélations de Mediapart sur l'espionnage et le piratage informatique dont a été la cible l'association écologiste par l'entremise d'une officine privée sous-traitante d'EDF. Aujourd'hui candidat des Verts pour les prochaines élections européennes, Yannick Jadot a décidé de se constituer partie civile dans le dossier.
L’affaire est embarrassante pour EDF. Le numéro 2 de la sécurité de l’entreprise publique, l’ancien commandant de police Pierre François, a été mis en examen la semaine dernière par un juge de Nanterre dans un dossier d’espionnage informatique visant l’ancien directeur des programmes de Greenpeace, Yannick Jadot (photo), réputé pour ses prises de position anti-nucléaires. Le supérieur de M. François a, lui, été interrogé comme témoin assisté. Près de vingt-cinq ans après l’affaire du Rainbow Warrior, Greenpeace se retrouve à nouveau la cible de barbouzeries. Par ailleurs, d'autres personnalités et institutions semblent avoir été espionnées par l'officine ou l'informaticien pirate auxquels EDF a eu recours. Révélations.