« Pétrole », « paradis fiscaux », « dissimulation » : depuis la publication d’un article du média Disclose sur son père, la ministre de la transition énergétique est sous le feu des critiques. Pour essayer d’y voir clair, Mediapart s’est penché sur les quatre enjeux – conflit d’intérêts, fiscalité, transparence et politique – du dossier.
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Mediapart et ses partenaires de l’EIC révèlent que l’industriel allemand Hensoldt a multiplié les projets de ventes d’armes à l’Arabie saoudite malgré l’embargo décrété en 2018 par Berlin, notamment en profitant de ses filiales étrangères et d’un accord franco-allemand.
Chaque week-end, retrouvez un extrait du film « Media Crash », en salles depuis le 16 février. Aujourd’hui, nous racontons comment le ministère de la défense a fait pression sur la rédaction de l’émission « Quotidien » afin qu’elle ne révèle pas un document secret-défense portant sur les ventes d’armes de la France. La séquence n’a jamais été diffusée.
La direction du renseignement de la préfecture de police, qui a cherché à étouffer un raté à la suite de l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray, ne s’était pas pressée pour fournir à la justice les notes que celle-ci lui demandait après la tuerie de « Charlie Hebdo ».
Commanditaire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, le prince héritier saoudien « MBS » était jugé infréquentable par les dirigeants occidentaux. En lui rendant visite, le président français brise sa quarantaine diplomatique, et vend au passage 80 Rafale à son homologue émirati et allié dans la guerre du Yémen, « MBZ ».
À la veille de la tournée dans le Golfe du président français Emmanuel Macron, du 3 au 4 décembre, les preuves s’accumulent sans émouvoir au sommet de l’État. Des armes « made in France » participent à la répression politique dans plusieurs pays, au meurtre de civils dans les pires conflits de la planète, au mépris des valeurs et des engagements internationaux de Paris.
Une étude du média néerlandais Lighthouse Reports et de l’ONG Global Legal Action Network (GLAN) démontre comment un pan des exportations d’armement échappe largement aux contrôles : les services après-vente (maintenance, etc). Faute de lois précises, des entreprises françaises continuent ainsi à soutenir les conflits en Libye et au Yémen indirectement.
Dès 2018, des Yéménites ont commencé à rejoindre l’île de Mayotte, fuyant la guerre et l’instabilité de leur pays, dans l’espoir d’y trouver refuge. Depuis, faute de prise en charge, ils sont confrontés à une grande précarité et se disent « abandonnés » par les autorités.
Dans un rapport d’information rendu public ce 18 novembre, les députés Jacques Maire et Michèle Tabarot plaident pour un contrôle des exportations d’armement français par le Parlement. La proposition a malheureusement de bonnes chances de rester lettre morte.
Plusieurs entreprises françaises spécialisées dans la formation militaire entraînent, y compris dans l’Hexagone, des officiers de l’armée saoudienne. Une activité qu’elles n’ont pas arrêtée depuis le début de l’intervention militaire au Yémen. Bien au contraire.