Riyad, qui redoute autant la menace djihadiste que le retour de Téhéran sur la scène diplomatique internationale, a-t-il délibérément déclenché une crise qui aggrave le chaos régional, attise la rivalité sunnite-chiite et met en péril la conférence internationale sur la Syrie ? Du côté iranien, les dirigeants multiplient au contraire les signes rassurants.
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Un an après les attentats contre Charlie Hebdo et l'HyperCacher, et deux mois après ceux de Paris et Saint-Denis, un débat pour tenter de comprendre avec Gilles Kepel, auteur de Terreur dans l’Hexagone, genèse du djihad français, Jean Birnbaum, auteur de Un silence religieux. La gauche face au djihadisme, et Edwy Plenel, auteur de Pour les musulmans (éditions La Découverte).
Acculée par la chute du pétrole, la monarchie saoudienne vient de mettre un terme à la politique d’État-providence et de redistribution de la rente pétrolière à la population, en adoptant un régime de rigueur budgétaire. Cette politique lui avait permis pendant plus de quarante ans d’acheter la paix sociale et son maintien au pouvoir.
Les huit bourreaux saoudiens recrutés par petites annonces en mai 2015 ne sont pas restés longtemps inactifs. Les exécutions qu'ils ont pratiquées samedi 2 janvier vont aviver encore plus les tensions confessionnelles entre sunnites et chiites, de la Syrie au Yémen en passant par l’Irak et le Liban.
Qu'est-ce que s'exiler ? Comment appréhender l'expérience migratoire ? Réponses des historiens Anouche Kunth, spécialiste de la question arménienne, et Yann Scioldo-Zürcher, familier des rapatriés d'Algérie. Les rapatriés permirent à la République française d'acquérir un savoir-faire qui pourrait aujourd'hui servir, s'il y avait une volonté politique…
La tension n'a cessé de monter après l'exécution en Arabie saoudite de 47 personnes dont quatre chiites, accusées d'actes terroristes, dont le cheikh Al-Nimr, virulent critique du régime saoudien. Dimanche 3 janvier, dans la soirée, l'Arabie saoudite a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec Téhéran après la dégradation de son ambassade.
Une salle de prière musulmane a été saccagée à Ajaccio, le 25 décembre, jour de Noël, aux cris de « Arabi Fora » (« Arabes dehors »), « On est chez nous » et « Il faut les tuer ». Attisée par des discours politiques et médiatiques qui lui donnent droit de cité, l’islamophobie passe des paroles aux actes, ouvrant la voie à toutes les haines de l’Autre, quel qu’il soit.
Le 10 novembre dernier, l’Institut du monde arabe (IMA) et la Maison européenne de la photographie (MEP) lançaient un événement inédit sur la scène culturelle parisienne : la première Biennale des photographes du monde arabe contemporain. Une radioscopie du monde arabe, loin des clichés qui collent aux voiles et djellabas de ce coin du globe en (r)évolutions. Rives droite et gauche de la Seine, comme un pont entre les deux rives de la Méditerranée, une cinquantaine d’artistes, du monde arabe ou « occidental », fixaient leurs travaux dans une dizaine de lieux de la capitale. Et puis, trois jours plus tard, Daech frappait Paris. Scènes de guerre dans la capitale. Deuil national. État d’urgence. Et des voix, de plus en plus affranchies dans les ténèbres, qui résument “le monde arabe” à la folie nihiliste de quelques barbares. Tout ce que combat la Biennale, visible jusqu’au 17 janvier 2016. Sélection.
Le village d'Osve, en Bosnie, voit s'invectiver les salafistes quiétistes et les partisans du djihad. Depuis la guerre (1992-1995), l'islam fondamentaliste est fortement implanté dans le pays, sous l'impulsion de l'Arabie saoudite.
Officiellement, la monarchie saoudienne appartient à la coalition réunie autour des États-Unis pour combattre Daech en Syrie et en Irak. En fait, Riyad est beaucoup plus actif dans la promotion du wahhabisme et, surtout, prend l’offensive pour imposer sa suprématie régionale face à l’Iran.