1940-1945 : Dissidences et résistances à la Martinique

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L’appel du 18 juin 1940 lancé par le général de Gaulle contre le régime de Vichy et l’Allemagne nazie eut un écho sur tout le territoire. Y compris dans les outre-mer. En Martinique, de nombreux citoyens entrèrent en dissidence en tentant de rejoindre les îles anglaises de la Dominique ou de Sainte-Lucie. Ce ne fut qu’en juin 1943 que l’île entière se rallia aux Forces françaises libres. Ils sont encore quelques-uns à pouvoir témoigner de leur résistance ou dissidence. Le photographe Sylvain Demange et l’historienne Sylvie Meslien leur consacrent une exposition à Fort-de-France.

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  1. © Sylvain Demange / Dalam images

    28 avril 2019. Les vestiges du camp de Balata. En 1940, lorsque l’amiral Robert rallia les Antilles au gouvernement de Vichy, les populations refusèrent la défaite de la France face à l’Allemagne nazie. À la Martinique, les conditions de vie de la population se dégradèrent. Les marins aux ordres de l’amiral firent régner l’ordre et la discipline. Le gouvernement dictatorial de l’amiral Robert imposa à la Martinique toutes les lois vichystes. Dans toutes les sphères de la société civile, politique et culturelle, la population résista.

    De nombreuses femmes et hommes décidèrent alors de rallier le général de Gaulle et les Forces françaises libres (FFL). Les dissidents rejoignirent clandestinement, la nuit, sur des embarcations instables nommées gommiers ou yoles, les îles britanniques de la Dominique et Sainte-Lucie. De nombreuses tentatives se soldèrent par des échecs et des décès.

    À la Dominique ou à Sainte-Lucie, les dissidents furent reçus et enregistrés à leur arrivée avant d’être envoyés aux États-Unis pour recevoir une formation militaire au Fort-Dix, dans l’État du New Jersey. Ils participeraient aux différentes campagnes militaires au Maroc et en Italie, puis enfin sur le territoire français.

    En juin 1943, à une dizaine de kilomètres de Fort-de-France, en Martinique, 220 soldats stationnés au camp de Balata (photo ci-dessus) se soulevèrent contre l’amiral Robert. Les hommes du commandant Henri Tourtet et la population réussirent à faire fuir l’amiral. La Martinique se rallia à la France libre. Dès lors, les hommes qui s’engagèrent furent rattachés au 5e bataillon de marche antillais (BMA5) créé sur place. Les femmes intégrèrent une unité de secrétariat et de communication. Ils rejoignirent les effectifs des FFL en Europe à bord du navire Orégon. Les hommes prirent part aux combats, tous contribuèrent à la libération de la France.

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