Auprès du personnel soignant à bout de force

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L’hôpital ne va pas bien. Face aux postes vacants non pourvus, à la gestion à court terme, à la précarisation des contrats, des soignants épuisés craquent, font un burn-out, se mettent en disponibilité ou claquent la porte d’un métier que tous disent pourtant aimer. Ceux qui tiennent le coup dénoncent la mort programmée de l’hôpital public que la pandémie n’a fait qu’accélérer. Rencontres.

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  1. Isabelle Eshraghi

    11 janvier 2022. Hôpital de Châteauroux (Indre). Élodie, 33 ans (au centre), y est infirmière dans le service de chirurgie ORL. Lorsqu’elle a débuté dans le métier, Élodie travaillait dans un service de médecine interne. Mais en 2017, elle n’en peut plus : « J’ai perdu une quinzaine de kilos en un été. J’allais au boulot en pleurs. Ça a été la descente aux enfers. J’ai eu deux mois d’arrêt-maladie. Ensuite, mon médecin a demandé un changement de service pour éviter de retrouver cet endroit où tout le monde est à bout, autant les médecins que les soignants. Je n’étais pas la seule à faire un burn-out dans mon service. »

    Elle travaille à présent dans l’équipe de nuit. En ORL, ils sont 12 au lieu de 40 auparavant. L’ambiance lui va mieux. L’été dernier, on lui a demandé d’assurer un remplacement en médecine interne. Élodie a refusé catégoriquement : « C’est impossible ! Je n’y retournerai pas, même pour 5 000 euros ! »

    Avec une semaine de 50 heures en alternance avec une autre de 20 heures, elle songe à l’après. « Au-delà de 40 ans, je vais essayer de trouver une reconversion. Physiquement, c’est épuisant, il faut avoir les neurones en place, on injecte des produits, on fait des prélèvements. On ne peut pas mettre en danger les patients. Il y a très peu d’infirmières de 60 ans qui restent jusqu’au bout. »

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