A Calais, la vie au camp avant démantèlement

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Ici, des valises vides offertes par des quidams et mises à disposition des migrants. Là, des restaurants de fortune, fermés depuis que la justice a validé l’expulsion des commerces du camp. Au milieu, des associations qui ne baissent pas les bras et tentent d’anticiper le suivi des personnes. Dans la « jungle » de Calais, chacun prépare fébrilement le démantèlement annoncé.

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  1. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Les migrants le prononcent à l’anglaise et disent : « Jungle. » La préfecture du Pas-de-Calais, dans ses communiqués, le désigne comme le « camp de la Lande ». Les associations, elles, dénoncent l’existence d’un immense bidonville au cœur de l’Europe. Mais quel que soit son nom, le plus grand taudis à ciel ouvert de France, accueillant entre 6 et 10 000 migrants, est bien appelé à disparaître. Ce n’est plus qu’une question de jours pour que l’État français commence ses opérations de démantèlement.

  2. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Comme pour conjurer l’imminence de la destruction, une curieuse tour de bric et de broc s’est érigée au cœur du camp. C’est le “beffroi de la jungle”. Des étudiants en architecture hollandais et des artistes ont voulu créer un espace convivial et symbolique de liberté locale pour les migrants. Installée sur la plus haute butte du camp, la structure, comme au temps du Moyen Âge, est aussi idéale pour faire le guet et signaler « l’approche de l’ennemi ». Finalement, ce n’est pas la police mais les migrants eux-mêmes qui l’ont détruite, quelques jours plus tard. La construction attirait visiblement bien trop de caméras et d’appareils photo au goût des exilés soudanais confinés dans les tentes, juste en dessous.

  3. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Jusqu'à présent, les forces de l’ordre restent positionnées à l’extérieur de la « jungle » et procèdent uniquement à de brèves opérations à l’intérieur du camp, pour fermer les restaurants et les échoppes déclarées illégales ou pour encadrer des officiers de police judiciaire venus interroger et arrêter quatre jeunes Afghans, soupçonnés d’être impliqués dans l’agression d’un journaliste et le viol de son interprète. Les migrants observent ces incursions policières, silencieux et fatalistes.

  4. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016.  Le New Kabul Restaurant, l’Hamid Karzaï Restaurant, le Peace Restaurant (le restaurant de la Paix), le Tasty Land (La Terre goûteuse), l’Afghan Friend Shop (la boutique de l’Ami afghan), le Tiger Shop (la boutique du Tigre)… Depuis le 12 octobre, date à laquelle la justice a validé l’expulsion des commerces de la « jungle », l’État a de facto le feu vert pour évacuer et fermer l’ensemble des échoppes aux noms souriants qui s’étaient créées le long de l’artère principale du bidonville. À l’entrée, les boutiques fermées donnent déjà au lieu un air de ville fantôme.

  5. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Onze associations d’aide aux migrants ont essayé de s’opposer au démantèlement annoncé en déposant un recours devant le tribunal administratif de Lille. En vain. Cette demande, comme la précédente sur les commerces, a été rejetée. Depuis le 18 octobre, il n’y a donc plus d’obstacle juridique au démantèlement. Reste le problème des mineurs. Au dernier recensement, ils étaient 1 290 dans la « jungle ». Ils doivent faire l’objet d’une procédure particulière et ne peuvent être emmenés dans les centres d’accueil et d’orientation (CAO). Les associations qui s’occupent d’eux, comme le Hummingbird Center (le Centre Colibri), redoublent d’efforts pour les enregistrer et accélérer les procédures de regroupement familial. D’ici au début du démantèlement, le Refugee Youth Services estime qu’environ 300 enfants auront pu rejoindre légalement un membre de leur famille déjà installé en Angleterre.

  6. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Mohand, 17 ans, ne sait pas encore s’il pourra rejoindre son oncle qui vit en Angleterre. Originaire du Soudan, il est arrivé à Calais il y a seulement deux jours, après un voyage commencé il y a un peu plus de deux ans. Il devra encore prouver son âge en se faisant envoyer un certificat de naissance et le lien de parenté directe avec cet oncle vivant à Birmingham. Nabil, 15 ans, est, lui, dans le camp depuis une semaine. Faute de famille déjà installée en Grande-Bretagne, il se dit prêt à faire une demande d’asile en France. Mais en attendant, tous les soirs, il tente de traverser. « On ne sait jamais, je verrai bien ce qui marche en premier », explique l’adolescent qui, jusqu'au bout, veut croire à son rêve d’Angleterre.

  7. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Eileen, une ancienne directrice d’école, et Marco Mark, l’un des fondateurs de l’École des Dunes, s’inquiètent de l’avenir de ceux qui ne sont pas encore partis et de « tous ceux qui n’auront aucun endroit où aller, car il y aura toujours des migrants anglophones qui chercheront d’abord à rejoindre l’Angleterre ». Ces deux ressortissants britanniques savent aussi que, cette fois, rien ne pourra sauver l’École des Dunes. S'il n’y a officiellement plus aucun réfugié dans les environs, le lieu ne pourra être préservé, comme il l’avait été en mars dernier, lors du démantèlement de la zone sud du camp. Marco explique avoir déjà mis à l’abri les panneaux solaires, la photocopieuse et les livres de l’école, qui sera bientôt rasée. Cela fait deux ans qu’il porte ce projet à bout de bras. « Il y a une demi-heure, je l’ai vu pleurer », dit simplement Eileen.

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    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Les associations et les ONG tentent d’anticiper le démantèlement malgré le grand flou qui entoure les conditions de l’opération. Pour Médecins du Monde (MDM) et son coordinateur, Amin Trouve Baghdouche, l’une des difficultés sera d'assurer le suivi des personnes qui ont des pathologies lourdes, physiques ou mentales. D’autant que « le niveau de stress et de violence entre les migrants a considérablement augmenté ces derniers jours ». Le responsable de MDM estime que le démantèlement, tel qu’il se profile, est davantage « une opération électorale » qu’humanitaire, avant de déplorer : « Une fois qu’ils seront montés dans le bus, nous n’avons pas la certitude que les réfugiés auront de véritables propositions de prise en charge. »

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    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. « Pour l’instant, on se donne pour mission de continuer sans baisser les bras », reconnaît Barbara Jurkiewicz, chargée de communication auprès de La Vie active. L’association, qui a été mandatée par l’État pour gérer le camp de conteneurs, le centre d’accueil provisoire (CAP) et le centre d’accueil de jour Jules-Ferry, prépare les migrants au départ, en les informant de leurs droits et en leur fournissant « une fiche relais, qui réunit des informations sur leur parcours, pour faciliter leur prise en charge dans les futurs CAO ». Pour certains employés de l’association, ces derniers jours ont été difficiles. Ils savent que le CAP doit être vidé de ses occupants, comme le reste de la « jungle », mais n’ont aucune idée de la façon dont cela sera fait et si la structure sera ou non détruite.

  10. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Les mêmes doutes, les mêmes inquiétudes s’expriment du côté de L’Auberge des migrants. Mais pour la principale association d’aide aux migrants du Calaisis, le défi est aussi d’aider ceux qui sont prêts à partir en centre d’accueil et d’orientation. Après un simple appel au don, sur France 3, de Christian Salomé, le président de L’Auberge des migrants, des centaines de valises et sacs de voyage ont afflué vers l’entrepôt géré par l’association. Il y a quelques jours, les bénévoles ont commencé à les distribuer dans le camp. Dans les sacs à dos et valises, l’association ajoute des ponchos anti-pluie et quelques sacs Ziploc pour permettre aux migrants qui ont déjà lancé une procédure de demande d’asile de mettre leurs documents au sec.

  11. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Des départs s’organisent discrètement en ce matin pluvieux du 18 octobre. À l’abri, sous un pont, ce groupe d’exilés attend d’être emmené en voiture par des bénévoles. Ils ne partent pas pour un centre d’accueil provisoire mais vers le campus de Villeneuve-d’Ascq. Sur sa page Facebook, l’association L’Auberge des migrants rappelle les grandes lignes d’un projet un peu fou : en mars dernier, un professeur un peu « rêveur » de l’université Lille 3, « une artiste passionnée, un groupe de migrants enthousiasmés à l’idée de reprendre leurs études, L’Auberge des migrants et la Cabine juridique » ont imaginé créer une classe de français langue étrangère consacrée aux exilés.

  12. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Il aura fallu plus de six mois d’efforts et de persévérance pour permettre finalement à 76 réfugiés, tous déjà diplômés dans leurs pays d’origine, d’obtenir les autorisations nécessaires afin de rendre possible ce nouveau départ. « Ils ont conscience de la chance qu’on leur donne en ouvrant cette petite porte qui va leur permettre de prendre en main leur destinée », assure Nathalie, une bénévole calaisienne, qui leur a donné des cours de français. C’est d'ailleurs non sans émotion qu’elle dit au revoir à ses anciens élèves. Ce moment restera gravé dans sa mémoire comme « un partage d’humanité dans l’enfer de cette “jungle” ».

  13. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. La « jungle » commence visiblement à se vider. Cet été, il n’y avait plus aucun espace disponible pour poser une tente autour du CAP. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’annonce du démantèlement pousse les plus déterminés à multiplier les tentatives de passage vers l’Angleterre. Les associations et les bénévoles constatent également que certains réfugiés « dublinés » ne veulent pas être emmenés dans les centres d’accueil par crainte d’être renvoyés vers le premier pays européen qu’ils ont foulé, ainsi que le prévoit l'accord de Dublin. Ils préfèrent alors quitter d’eux-mêmes la « jungle » pour se mettre à l’abri, à Paris ou ailleurs, le long du littoral, « avant que l’ouragan Cazeneuve ne souffle sur le camp ».

  14. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Safi, lui, a renoncé à l’Angleterre et veut bien monter dans les bus qui viendront les chercher. À 26 ans, cet Afghan, qui en fait dix de plus, est épuisé. Il a été relâché la veille par la police, qui l’avait arrêté quelques jours plus tôt, à son arrivée en gare de Calais. Il a été débouté de sa demande d’asile en Belgique où il avait de la famille. Alors, autant essayer la France, il ne sera pas si loin des siens. Safi est déjà prêt à partir. De toute manière, ce n’est pas très long pour lui de se préparer : toutes ses affaires tiennent dans ce sac à dos qui l’accompagne depuis un an, depuis son départ d’Afghanistan.

  15. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. En attendant, la vie suit son cours dans les abris de fortune du camp, l’incertitude en plus. Une grande majorité des exilés ne savent pas encore ce qu’ils vont faire et disent simplement attendre de voir ce qu’il va se passer. « La vie va continuer jusqu’au dernier moment. Les gens vivent au jour le jour. Quand la police arrivera, ils prendront simplement leur manteau et s’en iront », prédit Christian Salomé, le président de L’Auberge des migrants, qui a déjà assisté à plusieurs expulsions de campements ainsi qu’au démantèlement de la zone sud, en mars dernier.

  16. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Pour tromper l’attente, des réfugiés afghans enchaînent une série de pompes et de tractions. Dans les coups qu’ils portent au sac de sable, on sent la rage de l’impuissance. Abdul, qui a appris à boxer en Angleterre où il a vécu entre l’âge de 12 et 20 ans avant de se faire expulser, est l’un des réfugiés les plus assidus du Calais Jungle Boxing Club tenu par Josh, un bénévole britannique originaire de Sheffield. D’habitude, à cette heure-là, une vingtaine de personnes se pressent à l’entraînement. « Mais là, les gens sont trop préoccupés par la fermeture du camp pour venir », constate Josh. « À force de réfléchir à quoi faire, ils ont la tête qui explose », confirme Abdul.

  17. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Pour certains, c’est la prière qui aide à supporter l’incertitude. Toute réunion est l’occasion d’évoquer le prochain démantèlement. Les religieux des différents lieux de culte de la « jungle » transmettent les maigres informations qu’ils tiennent des associations ou des bénévoles. Des responsables de l’association roubaisienne Ouma Fourchette viennent de déposer un panneau devant la mosquée que leurs adhérents ont contribué à construire. En signalant que cette mosquée est liée au centre d’accueil provisoire mis en place par l’État, ils espèrent que cela épargnera le lieu d'une destruction programmée.

  18. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Après l’annonce du démantèlement, l’Armée des clowns a débarqué dans le camp. Leur premier objectif était d’apporter de la joie aux plus jeunes. « Mais ici, les enfants sont traumatisés et on s’est rendu compte qu’on pouvait leur faire peur », reconnaît Gaël, un des clowns. Leur deuxième mission est à venir : les artistes engagés sont prêts, si besoin, à s’interposer entre les migrants et les forces de l’ordre, « par la dérision et la déraison ». Si l’Armée des clowns ne recourt pas à la violence, les forces de l’ordre craignent en revanche l’arrivée de zadistes (activistes des « 
    zones à défendre », comme Sivens ou Notre-Dame-des-Landes) qui pourraient venir renforcer les rangs des militants No Border. Un appel intitulé « Ni ici, ni à Calais. Ne pas rester silencieux », publié début octobre sur un site pro-ZAD, a ouvertement appelé à la résistance.

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    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. Les zadistes ne veulent pas se taire, mais, de son côté, « la préfecture ne veut rien voir et rien entendre », s’insurge Gaël Manzi, le responsable de l’association Utopia 56, en joignant le geste à la parole. Ce qui révolte l’humanitaire breton, c’est la décision de l’État d’avoir de facto commencé le démantèlement du camp voisin de Grande-Synthe, sans solution de rechange. La nuit dernière, une famille kurde avec un enfant en bas âge est arrivée aux portes du camp, qui sont restées closes, malgré leurs supplications. Les associations, dont celle de Gaël Manzi, ont dû multiplier les démarches et les appels au 115 pour leur trouver un abri provisoire.

  20. © Bertrand Gaudillère / Item

    Calais, entre le 17 et le 20 octobre 2016. « Le problème, ce sont tous ces gens qui ont une bonne raison de venir à Calais et d’y rester : la femme qui veut rejoindre son mari, le jeune qui est prêt à tout pour retrouver son frère déjà en Angleterre », résume Christian Salomé, le président de L’Auberge des migrants. Les associations savent parfaitement que la fermeture de la « jungle » ne va pas tarir le flot des migrants vers la région. Mais il n’y aura plus rien pour les accueillir. Humanitaires et bénévoles se préparent « à faire comme il y a quatorze ans, lors de la fermeture de Sangatte », et à devoir de nouveau distribuer des tentes, des couvertures et de la nourriture, le long des routes. C’est tout le paradoxe de ce démantèlement annoncé. Présentée comme « une opération humanitaire », l’évacuation du camp risque plutôt de provoquer une nouvelle catastrophe humanitaire.

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