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En Tunisie, «du travail ou la mort»

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Le 16 janvier 2016, Ridha Yahyaoui, jeune chômeur de 28 ans qui venait d'être radié sans raison valable de la liste de recrutement de la fonction publique, est mort électrocuté après avoir escaladé un poteau pour crier sa colère. Depuis, l'intérieur de la Tunisie et plus particulièrement la région de Kasserine sont en ébullition. Aux affrontements avec les forces de police, a succédé un mouvement d'occupation de la préfecture de Kasserine, la « wilaya », par plus de deux cents chômeurs, diplômés ou non. Treize d'entre eux poursuivent une grève de la faim qu'ils n'arrêteront pas tant qu'ils n'auront pas obtenu un travail. Pour démontrer leur détermination autant que pour exprimer leur désespoir, ils se sont cousu la bouche.

Eros Sana

18 février 2016 à 17h50

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  1. © Eros Sana

    Khaled Fakraoui, 35 ans, diplômé en droit, chômeur en grève de la faim. Il est le leader des Treize. En 2011, il était de toutes les manifestations et protestations durant la révolution qui a mené à la chute de Ben Ali. Il s’est déplacé jusqu’à Tunis et a manifesté pour faire tomber le dictateur. Mais aujourd’hui, il est amer : « Nous, les chômeurs, avons lancé cette révolution, pour lutter contre la dictature et pour que nous ne soyons plus au chômage. Il y a encore plus de chômage et quand nous manifestons, le pouvoir nous qualifie de terroristes. » À l’instar de ses douze compagnons, la grève de la faim qu’il a entamée le 29 janvier ne lui a pas enlevé sa détermination. « Diplômés ou non diplômés, nous avons le droit à un travail, nous avons le droit à la dignité humaine (...). Nous sommes treize individus, mais un seul corps, nous aurons un travail ensemble, ou nous mourrons ensemble ! Un travail, ou la mort ! »

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