Patrick Likewe, un mort parmi d'autres à Kinshasa

Alors que les violences interethniques s'installent dans l'est du pays, la capitale de la République démocratique du Congo, Kinshasa, attend un accord entre l'opposition et le parti au pouvoir sur le maintien en fonctions du président Joseph Kabila jusqu'à la fin 2017, en échange de la tenue d'élections. Au matin du 20 décembre, premier jour après l'expiration du mandat de Kabila, la ville comptait une trentaine de victimes de la répression. Parmi elles, Patrick Likewe, 22 ans.

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  1. Mardi 20 décembre, peu avant huit heures du matin, Patrick Likewe, 22 ans, cadet de cinq enfants, a été tué d’une balle dans la tête à un croisement de ruelles. Il est l'un de ces nombreux civils victimes de la crise politique qui menace d'emporter Kinshasa (lire notre précédent reportage). La veille, le deuxième et dernier mandat constitutionnel du président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, est arrivé à terme. L’hyperactive, drôle et débrouillarde Kinshasa est devenue une ville triste et inquiétante, avec ses patrouilles militaires, ses barrages de police, ses maisons aux lumières éteintes, ses boutiques closes, et surtout son silence de plomb. Ce 19 décembre, ceux qui refusent le maintien au pouvoir de Joseph Kabila promettent de sortir dans la rue et, parmi eux, certains rêvent même d'une insurrection, de la prise du palais présidentiel. Ceux qui bénéficient des avantages du pouvoir répètent, sans paraître convaincus, qu’« il ne se passera rien ». Enfin, ceux qui croient encore à la politique attendent les résultats des pourparlers entre le pouvoir et l’opposition, ouverts sous l’égide des évêques – en vue, peut-être, de l’organisation d'une élection présidentielle initialement prévue en novembre. Patrick Likewe, lui, n’était pas « politisé », selon ses proches.

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