À 31 ans, né en Russie, ayant passé sa jeunesse en Belgique, le jeune homme s’est définitivement installé en Ukraine, pays de sa mère, de ses grands-parents et de ses amis. Le voilà « volontaire » expliquant que l’influence russe a disparu du pays : « Il y a des millions de réfugiés, aucun n’a fui en Russie ! »
Au vingt-sixième jour de l’offensive russe en Ukraine, des bombardements ont frappé un centre commercial de la capitale et une première frappe a touché le port d’Odessa. La Russie semble passer à son « plan B » : une guerre de sièges d’artillerie.
Dernière grande ville avant la Slovaquie, Oujhorod, à l’ouest de l’Ukraine, est la capitale de la région de Transcarpatie. Après « l’enfer » des premiers jours du conflit, où des gens ont attendu parfois pendant quatre jours pour passer la frontière, la ville s’est peu à peu organisée.
Pas à pas, la guerre entre dans la ville et les alertes se multiplient. Plus de la moitié de la population a fui la capitale ukrainienne. Dans les grandes cités populaires de l’arrondissement d’Obolon, beaucoup de personnes âgées refusent de partir ou ne le peuvent pas, parce que malades ou trop pauvres.
Des vidéos analysées par Mediapart et d’autres enquêteurs attestent de bombardements indiscriminés visant des zones résidentielles. Certains, effectués à l’aide d’armes à sous-munitions, s’avèrent particulièrement meurtriers.
La Russie poursuit son offensive dans le sud de l’Ukraine : Mykolaïv a été ciblé par de nombreux raids et les chars russes sont entrés dans Marioupol. Le siège de cette ville portuaire est un acte « dont on se souviendra même au siècle prochain », a dénoncé le président ukrainien.
Volodymyr Ishchenko est sociologue et chercheur associé à l’Institut d’études de l’Europe de l’Est de la Freie Universität de Berlin. Selon lui, la guerre lancée par Poutine va obliger le maître du Kremlin à « créer ou recréer un mouvement populaire autour de sa personne ».
Étudiante en linguistique à l’université de Kyiv, passionnée de littérature, la jeune femme est désormais « volontaire » pour aider les familles qui fuient les bombardements. Refusant de quitter la capitale, elle multiplie les critiques contre « le peuple russe », qu’elle juge « apathique et soumis ».
Une roquette a dévasté, vendredi 18 mars, plusieurs immeubles et écoles d’un quartier de Kyiv, provoquant un mort et quatre blessés. Le carnage a été évité de peu. À 32 ans, juriste de profession, Vyacheslav est « volontaire ». « Je crois vraiment que nous allons gagner cette guerre », assure-t-il.
Au 23e jour de guerre, les chars russes sont entrés dans Marioupol, bombardée depuis bientôt trois semaines ; le président ukrainien a lancé un appel à Moscou, déclarant qu’il était « temps de [se] réunir » et de « discuter » ; 3,27 millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis le 24 février, selon le Haut Commissariat aux réfugiés.
Quels étaient les mouvements politiques profonds dans la société ukrainienne avant l’invasion russe ? Et qu’attend aujourd’hui la résistance ukrainienne de la gauche européenne ? Éléments de réponse avec le chercheur Denys Gorbach.
Au 23e jour de guerre, les forces russes ont bombardé les environs de l’aéroport de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine ; 130 personnes auraient été sauvées des ruines du théâtre de Marioupol ; les questions demeurent sur la possibilité d’une frappe nucléaire russe.
La grande ville de l’ouest ukrainien a été touchée pour la première fois vendredi matin par les missiles russes. Depuis le début du conflit, les habitants sont passés en mode guerrier, entre aide aux réfugiés, soutien à l’armée et économie de guerre.
La guerre est entrée dans sa quatrième semaine en Ukraine et ce sont des millions de personnes qui sont sur les routes, fuyant les bombes de l’armée russe. Témoignages depuis Izioum, Marioupol, Soumy et Tchernihiv.
Emilia Koustova, spécialiste de la mémoire russe et des temps soviétiques à l’université de Strasbourg, analyse les régressions à l’œuvre sous la houlette de Vladimir Poutine. La guerre en Ukraine exige que le peuple se montre aussi loyal que docile.
Le 14 mars, un missile tiré par l’armée russe a dévasté un immeuble d’habitation, au nord de la capitale, faisant trois morts et quinze blessés. « Je ne sais pas pourquoi je suis vivant », dit Pavel, qui tente de sauver des ruines quelques objets de sa vie d’avant.