Les vidéos des sévices subis par le streamer les jours avant sa mort ont été remises en ligne jeudi par la plateforme Kick. La ministre du numérique se dit « outrée ». L’autorité de régulation de l’audiovisuel, l’Arcom, condamne également. Elles ont finalement été retirées ce vendredi.
La ministre a qualifié « d’horreur absolue » la mort en direct de Jean Pormanove et déclaré saisir l’Arcom. Elle était pourtant avertie des violences contre le streamer dès décembre 2024. Mais elle n’avait, à l’époque, pas agi. Pourquoi ? Mediapart lui a posé la question.
D’après des images visionnées par Mediapart, la gendarmerie a rendu visite, à au moins deux reprises, aux streamers en plein direct, les 13 et 14 août. Mais aussi mi-juillet, toujours pendant le direct, après que des images de « JP » enfermé dans le coffre d’une voiture ont circulé.
Les 300 heures de direct visionnées par Mediapart montrent plusieurs tentatives d’étranglement, de très nombreux coups au visage et des brimades. À plusieurs reprises, Jean Pormanove se plaint, demande d’appeler la police ou l’hôpital. En vain.
Interrogée par Mediapart dès 2024 sur les violences commises sur une chaîne de streaming, la ministre déléguée au numérique n’avait pas répondu. Après le décès survenu en direct, elle dénonce « une horreur absolue ». L’enquête ouverte par la justice en décembre n’a pas non plus empêché les livestreams de continuer.
« Star » d’une chaîne de streaming sur la plateforme Kick, Raphaël Graven, connu sous le pseudo « Jean Pormanove », est mort dans son sommeil, lors d’un tournage diffusé en direct. Il était la cible d’humiliations et de sévices de la part de ses partenaires streamers, avait révélé Mediapart l’an dernier. Une enquête est en cours, selon le parquet.
Les Big Tech états-uniennes accélèrent leurs investissements dans les centres de données. L’enjeu est la domination future du marché. Mais le risque de surcapacité et de manque de rentabilité augmente à mesure que cette ferveur prend la forme d’une fuite en avant.
Le député du Maine-et-Loire Denis Masséglia ne pourra plus participer au marathon de streaming qui récolte chaque année plus de 10 millions d’euros de dons. Le ZEvent a interdit la participation à tous les politiques, sur fond de polémique.
Cinq influenceurs jugés problématiques ont été auditionnés par la commission d’enquête parlementaire sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. Quand certains ont saisi cette tribune pour s’offrir une séquence buzz, la plupart ont surtout rejeté la responsabilité sur les plateformes elles-mêmes.
Les services secrets français craignent qu’une ingérence étrangère ne vienne fausser la présidentielle de 2027. Ils s’inquiètent de « l’infiltration » par la Russie « des milieux politiques français » et de la manipulation de l’information sur les réseaux sociaux.
Face à la volonté affirmée des entreprises d’imposer ces nouveaux outils technologiques sans souci de leurs risques professionnels ou sociaux, les syndicats prônent une réponse coordonnée. Ils veulent pouvoir discuter à toutes les étapes de ces projets, et imposer de revenir en arrière si nécessaire.
Depuis l’arrivée de l’intelligence artificielle dans l’espace public, certains l’utilisent comme un ami, un amoureux ou un psychologue gratuit – ou presque. Malgré toutes les dérives potentielles, ils et elles y voient une bouée de sauvetage parfois nécessaire.
Dans un paysage numérique bouleversé, Mastodon et Bluesky font figure d’alternatives au réseau social X. Le modèle économique et les choix technologiques de ces nouveaux acteurs seront déterminants. Mastodon, par exemple, vient d’annoncer la création d’une fondation.
Fragilisés par DeepSeek, les géants du numérique entendent malgré tout poursuivre leur stratégie : se battre à coups de milliards pour imposer un standard mondial. Cette volonté de domination pourrait paradoxalement conduire à une fragmentation accélérée du monde du numérique.
L’informaticien spécialisé en intelligence artificielle Stuart Russell raconte à Mediapart comment il a alerté les équipes du sommet pour l’action sur l’IA de l’urgence de s’engager pour une régulation mondiale de l’intelligence artificielle. Son appel n’a pas été entendu.
Depuis le lancement de ChatGPT le 30 novembre 2022, l’IA générative s’impose à grande vitesse dans nos téléphones et nos ordinateurs. Ses applications potentielles sont légion, tout comme ses zones d’ombre. Cette technologie est déjà considérée comme une impasse par un de ses créateurs.