La figure rêvée de l’écrivain

Par Sébastien Omont (En Attendant Nadeau)

Avec son nouveau roman, La Part rêvée, l’écrivain argentin Rodrigo Fresàn poursuit la réflexion sur la création littéraire entamée dans La Part inventée. Rêves, souvenirs d’enfance, arrière-plan historique et lectures capitales se nourrissent les uns les autres pour dessiner un portrait libre et sombre de la figure de l'écrivain.

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Que se passerait-il si l'on ne parvenait plus à rêver ? C'est ce qu'imagine la première partie du roman : dans un monde hagard, les rares individus qui y parviennent encore constituent de précieuses exceptions. Le protagoniste principal fut écrivain, il n'est plus à présent qu'un « excrivain », mais il continue à rêver. Il fait toujours le même rêve récurrent, né de la rencontre d'« Elle », une jeune femme qui dansait lors d'une fête avant de se jeter tout habillée dans la piscine. Suivant la logique non rationnelle des rêves, « Elle » est aussi la scientifique qui dirige les études que mène « l'Onirium » sur le protagoniste.