Jean-François Bayart: «L’urgence est de dénoncer l’imposture identitaire»

Les nationalismes seraient-ils en train de prendre leur revanche sur une globalisation devenue synonyme de dumping social généralisé ? Au contraire, les deux systèmes fonctionnent de concert, avance le chercheur Jean-François Bayart. Entretien et bonnes feuilles.

La lecture des articles est réservée aux abonné·es. Se connecter

Contre les ravages de la globalisation, en particulier sur un plan social, les démocraties libérales sont tentées par le repli nationaliste, et l’année 2016 a été marquée de ce point de vue par deux événements majeurs, le Brexit en juin et l’élection de Donald Trump en novembre. Les poussées de nationalisme qui parcourent le monde, et pas seulement occidental – la Russie, l’Inde et la Turquie en sont d’autres exemples –, veulent contrecarrer une mondialisation perçue comme allant à l’encontre des peuples. On serait donc en présence de deux forces antagonistes, la mondialisation ayant été d’abord perçue comme une victoire sur les nationalismes et la promesse d’un monde débarrassé des guerres et des conflits. C’est tout le contraire, soutient Jean-François Bayart, spécialiste de sociologie historique et comparée du politique, dans son nouvel essai, L’Impasse nationale-libérale. Globalisation et repli identitaire (La Découverte, mars 2017), qui fait suite aux Fondamentalistes de l’identité. Laïcisme versus djihadisme (Karthala, novembre 2016). Cette erreur de diagnostic commise par les leaders politiques à travers la planète conduit celle-ci à sa perte et pourrait bien être fatale à l’Union européenne, estime le chercheur. Entretien et bonnes feuilles.

1€ pour 15 jours

Résiliable en ligne à tout moment

Je m’abonne

L’info part de là


Soutenez un journal 100% indépendant : sans subventions, sans publicités, sans actionnaires

Tirez votre information d’une source de confiance

Accédez en exclusivité aux révélations d’un journal d’investigation

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

À ne pas manquer

À travers l’Afghanistan, sous les talibans — Reportage
Être LGBT+ en Afghanistan : « Ici, on nous refuse la vie, même la mort »
Désastre économique, humanitaire, droits humains attaqués… Un an après avoir rebasculé dans les mains des talibans, l’Afghanistan n’en finit pas de sombrer. Pour la minorité LGBT+, le retour des fondamentalistes islamistes est dévastateur.
par Rachida El Azzouzi et Mortaza Behboudi
Climat — Reportage
Près de Montélimar, des agriculteurs exténués face à la canicule : « Beaucoup de travail et de questions »
Mediapart a sillonné la vallée de la Valdaine et ses environs dans la Drôme, à la rencontre d’agriculteurs qui souffrent des canicules à répétition. Des pans de récoltes grillées, des chèvres qui produisent moins de lait, des tâches nouvelles qui s’accumulent : paroles de travailleurs lessivés, et inquiets pour les années à venir.
par Sarah Benichou
Livres — Entretien
Comment les inédits de Louis-Ferdinand Céline ont été « préservés »
Il y a un an, le critique de théâtre Jean-Pierre Thibaudat confirmait dans un billet de blog de Mediapart avoir été le destinataire de textes disparus de l’écrivain antisémite Louis-Ferdinand Céline. Aujourd’hui, toujours dans le Club de Mediapart, il revient sur cette histoire et le secret qui l’entourait encore. « Le temps est venu de dévoiler les choses pour permettre un apaisement général », estime-t-il, révélant que les documents lui avaient été remis par la famille du résistant Yvon Morandat, qui les avait conservés.
par Sabrina Kassa
Politique — Parti pris
« Extrême gauche » à l’Assemblée : la Macronie au royaume de l’absurde
En renvoyant systématiquement la Nupes à « l’extrême gauche », la Macronie continue de banaliser l’extrême droite qui, présente en force à l’Assemblée nationale, se félicite d’avoir autant de ventriloques.
par Mathieu Dejean