Monstre et merveilles: «Frankenstein à Bagdad», d’Ahmed Saadawi

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La rentrée littéraire n’est pas seulement une célébration de la littérature française : elle est aussi l’occasion de découvrir quelques trésors venus d’ailleurs, qui nous donnent des nouvelles du monde. Frankenstein à Bagdad, lauréat d’un prix prestigieux du monde arabe, nous fait comprendre la réalité irakienne par les moyens de la fiction la plus débridée.

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« La chose la plus importante qui me soit arrivée est que je suis toujours vivant », déclarait Ahmed Saadawi dans un entretien au New York Times, ce qui résume assez bien sa condition d’auteur bagdadien. Ahmed Saadawi a reçu en 2014 l’International Prize for Arabic Fiction, considéré comme le Booker Prize arabe, pour Frankenstein à Badgad, qui paraît ces jours-ci en traduction française. Le romancier vit toujours à Bagdad, où il continue de travailler comme poète, documentariste, scénariste : c’est là qu’il est né, en 1973 ; il y a traversé tous les tourments de l’histoire irakienne récente. La ville nourrit son écriture, mais elle est susceptible de lui être fatale. Quelques jours après avoir reçu son prix, l’auteur retrouvait des amis dans un café où un kamikaze se fit exploser une demi-heure après son départ : « La réalité a soudain percuté la fiction », commentait-il alors.