Sarah T. Roberts: «La liberté d’expression sur Internet n’a jamais existé»

Par

Si les réseaux sociaux sont devenus si populaires, explique la chercheuse américaine Sarah T. Roberts, c’est en se posant en supports d’une liberté d’expression sans limite. Cette promesse n’a jamais été tenue et la modération est devenue une industrie mondialisée.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

C’est une activité qui doit souvent « rester aussi discrète et indétectable que possible ». Sarah T. Roberts, chercheuse et enseignante à UCLA (université de Californie à Los Angeles), l’appelle la modération commerciale du contenu. Elle l’étudie depuis huit ans et y consacre un ouvrage passionnant paru à la mi-2019, Behind The Screen – Content Moderation in the Shadows of Social Media (édition anglaise Yale University Press, 2019), où elle traite à la fois des aspects économiques de la modération, des modes d’organisation de ce travail, de la micro-tâche effectuée par des personnes isolées aux entreprises spécialisées, et des enjeux autour de la liberté d’expression.