«L’impérialisme a fait des films pour empêcher ceux qu’il opprimait d’en faire»

Les convictions pro-palestiniennes de Jean-Luc Godard n’ont cessé d’accompagner son travail cinématographique, ce qui a valu au réalisateur d’être souvent malmené par la réaction. Dans ce texte de 1970, à l’époque la plus militante de l’œuvre godardienne, il est question de la production d’un film sur les combattants palestiniens dans un camp d’Amman en Jordanie, initialement intitulé Jusqu’à la victoire. Ce dernier film a ceci de singulier qu’il interroge la possibilité même de montrer la révolution palestinienne.

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On a pensé qu’il était plus juste, politiquement, de venir en Palestine plutôt que d’aller ailleurs, Mozambique, Colombie, Bengale. Le Moyen-Orient a été directement colonisé par les impérialismes français et anglais (accords Sykes-Picot). Nous sommes des militants français. Plus juste de venir en Palestine parce que la situation est complexe et originale. Il y a beaucoup de contradictions, la situation est moins claire que dans le Sud-Est asiatique, en théorie du moins.

Pour nous, militant actuellement dans le cinéma, nos tâches sont encore théoriques. Penser autrement pour faire la révolution…, nous en sommes encore là. Nous avons plusieurs dizaines d’années de retard sur les premières balles d’Al Assifa.

Mao Tsé-Toung a dit qu’un bon camarade va là où sont les difficultés, là où les contradictions sont le plus aiguës. Faire de la propagande pour la cause palestinienne, oui. Avec des images et des sons. Cinéma et télévision. Faire de la propagande c’est poser les problèmes sur le tapis. Un film, c’est un tapis volant qui peut aller partout. Il n’y a aucune magie. C’est du travail politique.

La suite à lire sur le site de la revue Période.

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