Femmes photographes: pourquoi tant d’invisibilisation?

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Depuis plus d’un an, le milieu de la photographie semble ouvrir les yeux sur l’anormale sous-exposition des femmes photographes. Mediapart en débat avec les photographes Marie Docher et Catalina Martin-Chico, ainsi que Jean-François Leroy, directeur du festival Visa pour l’image. 

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Femmes photographes : pourquoi tant d'invisibilisation ? © Mediapart

Le monde de l’art et de la culture est à l’image de notre société inégalitaire, dominé par les hommes. Le milieu de la photographie n’y échappe pas. En septembre dernier, un collectif luttant contre l’invisibilité des femmes photographes, #LaPartDesFemmes, publiait une lettre ouverte dans le journal Libération. Adressée au directeur des Rencontres photographiques d’Arles, la missive mettait en lumière un constat accablant : en un demi-siècle d’existence, le festival, l’un des plus grands rendez-vous culturels français, a confié 47 des 49 éditions à des directeurs artistiques masculins et moins de 20 % de femmes y sont exposées.

Comment expliquer en 2019 une telle invisibilisation, alors que les femmes se sont emparées du médium à ses origines, s'illustrant dans tous les domaines, y compris les plus masculinisés d'entre eux comme la photo de guerre ? Se réfugier derrière l’argument du talent qui n’a pas de sexe pour ne pas ouvrir les yeux sur cette sous-exposition, n’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt d’inégalités de genre mais aussi sociales, ethniques ? Comment exploser le plafond de verre ?

Mediapart en débat avec deux (femmes) photographes et un (homme) directeur de festival :

Marie Docher est photographe. En 2014, elle a créé un blog pour disséquer les mécanismes qui freinent les carrières des femmes dans la photographie et pour se rendre audible, elle a signé d’un prénom masculin. Elle a plus récemment lancé le collectif La part des femmes, qui a mené plusieurs interpellations dont cette lettre ouverte sur la faible présence des femmes aux Rencontres d’Arles.

Catalina Martin-Chico est membre de l’agence Panos. Elle couvre tous les terrains y compris les plus difficiles. Première photographe à se rendre au Yémen dès 2007, elle a documenté pendant plus de dix ans ce pays. Lauréate du prix Canon de la femme photojournaliste en 2017 au festival Visa pour l'image à Perpignan avec sa série Colombia (Re)birth, sur l’explosion de la natalité chez les ex-guérilleras des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) après la levée de l’interdiction de grossesse, elle vient d’être sélectionnée toujours pour ce travail dans la catégorie « contemporary issues » du World Press Photo, l'un des plus prestigieux concours de photographie au monde. Elle est aussi citée pour le World Press Photo of the Year et c’est la première fois qu’une femme est distinguée en 55 ans dans cette catégorie.

Jean-François Leroy est le fondateur et le directeur du festival Visa pour l’image, autre grand festival de photographie français, rendez-vous mondial du photojournalisme qui a lieu chaque début septembre depuis plus de trente ans à Perpignan.

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