Entre censure et autocensure, les artistes indiens sont à la peine

Par

La tentative de censure d'un film dénonçant le trafic de drogue au Pendjab, mi-juin, a relancé le débat sur la liberté d'expression dans le sous-continent. Cinéastes, photographes, peintres… Sous la pression des fondamentalistes hindous, les artistes refrènent leur expression politique.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Le Sterling est un cinéma un peu à part à Bombay. Ouvert à la fin des années 1960 dans le quartier de Fort, où se côtoient les immeubles cossus de l'époque victorienne, il fut le premier du sous-continent à proposer des séances en matinée et en nocturne, pour la plus grande joie des élèves des lycées environnants. Il a fini par tomber dans l'escarcelle des Tata, l'une des plus grandes familles d'industriels de la ville, mais il a conservé l'esprit d'ouverture et de mixité sociale qui le caractérisait à l'origine. Fréquenté par les bourgeois du centre historique comme par les lointains banlieusards, du fait de sa proximité avec la gare Victoria Terminus, il met à l'affiche de nombreux films sous-titrés en anglais. C'est le cas de Udta Punjab, dernière production d'Anurag Kashyap, le réalisateur de Gangs of Wasseypur.