Les ambiguïtés de Robinson Crusoé

Par Linda Lê (En Attendant Nadeau)

Lire Robinson Crusoé dans la Pléiade (sous l’édition de Baudouin Millet), c’est l’occasion de découvrir la seconde partie de l’œuvre de Defoe, si rarement lue, et de remarquer sa parenté avec L’Ingénieux Don Quichotte de la Manche, de Cervantès et Le Voyage du pèlerin, de John Bunyan. Le livre prend ainsi une autre dimension, qui dépasse la confession d’un vagabond des mers et laisse le lecteur étourdi par sa profondeur.

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Dans L’Île déserte, Gilles Deleuze se demande si la littérature n’est pas l’essai d’interpréter « très ingénieusement les mythes qu’on ne comprend pas, au moment où on ne les comprend plus parce qu’on ne sait plus les rêver ni les comprendre ». Roman à multiples sens dont le déchiffrage est toujours à recommencer, alors même qu’il s’offre comme un simple récit d’aventures, Robinson Crusoé, pour un grand nombre d’illustres lecteurs, fait encore rêver et, pour d’autres, touche au mythe.