De l'aveu même de Jean-Philippe Toussaint, le projet de l'exposition Livre/Louvre serait né au cœur de son œuvre, dans cette scène sublime de Fuir où Marie, qui vient d'apprendre la mort de son père, quitte le Louvre en courant : « silhouette vacillante, chancelante », qui traverse le musée « comme pour fuir la nouvelle qu'elle venait d'apprendre ». Elle appelle le narrateur qui reçoit son coup de fil dans un train en Chine, « la faible voix de Marie qui me transportait littéralement, comme peut le faire la pensée, le rêve ou la lecture, quand, dissociant le corps de l'esprit, le corps reste statique et l'esprit voyage, se dilate et s'étend ». La scène romanesque associe soleil parisien et nuit chinoise, souvenirs et images, douleurs et joies, elle est afflux de sensations, annonce faite par Marie de ce qui attend tout visiteur de l'exposition Livre/Louvre.