Avant la révolution automobile, Elisée Reclus compose un tableau politique de la nature

Par Jean-Louis Tissier (En Attendant Nadeau)

« Les Alpes comme le boulevard de la liberté » : ainsi Élisée Reclus conclut-il, à 36 ans, cet essai paru en 1866. Il n’est pas encore le géographe universel, libertaire et exilé que l’on connaît. Il s’est formé jusqu’alors par le voyage, les lectures et l’écriture.

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Ses voyages en Amérique en font précocement un familier du Nouveau Monde et La Revue des Deux Mondes l’a déjà sollicité, notamment pour des textes sur les États-Unis au moment de la guerre de Sécession. Élisée Reclus a pu contempler outre-Atlantique les beautés d’une nature encore intacte et dans le même temps constater la fièvre pionnière, agricole et industrielle qui les menace. De retour en Europe, il est le témoin de l’essor des usines et des villes, mais aussi de l’intérêt renouvelé des élites pour les montagnes et les rivages épargnés.