André Markowicz: les langues, la traduction, la transmission

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André Markowicz n'a pas seulement traduit Shakespeare, tout Dostoïevski, Tchekhov, Gogol et Pouchkine. Passeur de la littérature russe en France, il est aussi celui qui, par ses traductions, fait œuvre, non sans créer parfois des polémiques. Le voici qui publie une volumineuse anthologie de la poésie chinoise Tang du VIIIe siècle. Sans connaître la langue. Explications.

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Entretien André Markowicz © Mediapart

Il y a Shakespeare. Il y a ce travail titanesque de traduction des œuvres complètes de Fiodor Dostoïevski, puis du théâtre de Tchekhov, de Gogol, de Pouchkine. André Markowicz n'est pas tout à fait un traducteur comme les autres. Revendiquant volontiers sa vision d'une œuvre, tentant de la transmettre dans le respect de son intégrité mais se refusant à enfouir la subjectivité du traducteur, il a bouleversé l'approche de la littérature russe et a dépoussiéré plusieurs de ses classiques.

Cette fois, André Markowicz est allé plus loin encore. En se perdant en une longue exploration de la poésie chinoise de l'époque Tang (qui court entre les VIIe et IXe siècles), il a durant plusieurs années accumulé notes, documents et lectures. « Je ne lis pas le chinois, je ne suis jamais allé en Chine, je ne connais pour ainsi dire pas la culture chinoise », prévient André Markowicz. Il vient pourtant de traduire et publier une anthologie de plus de 400 poèmes.

« Mes Ombres de Chine sont des synthèses de toutes les traductions que je peux arriver à lire d’un original qui non seulement m’échappe (puisque je ne parle pas le chinois), mais appelle des interprétations complètement contradictoires des différents spécialistes », explique-t-il dans un essai intitulé Partages, qui paraît en même temps qu’Ombres de Chine et se lit en miroir. Partages est le journal de traduction d’André Markowicz, un journal qui court sur une année, et qui reprend de nombreux éléments de la page Facebook de l'auteur, Facebook, un lieu d'écriture à part, explique-t-il. André Markowicz y dit notamment la minceur de la ligne de partage entre le métier d’écrivain et celui de traducteur.

C'est sur ce travail sur les langues, sur les traductions et sur les possibilités de transmettre les émotions d'une littérature qu'il s'explique dans cet entretien.

Ombres de Chine
Éditions Inculte, 26,90 euros
Partages
Éditions Inculte, 21,90 euros

marko marko


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