Hakan Günday: «A nous de savoir si nous allons devenir des murs»

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Hakan Günday, romancier turc né en 1976, signe avec Encore (Éd. Galaade) un roman sous forme de confession d'un enfant devenu passeur esclavagiste. Entretien à propos du sort que nous réservons aux réfugiés. Paroles coups de poing d'un réveilleur de consciences…

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Le mot « passeur » désigne le meilleur (celui qui transmet un savoir ou des valeurs), comme le pire (quiconque réduit en esclavage des réfugiés devenus marchandise). Nous sommes du côté sombre, cruel, violent, démentiel avec Encore (Éd. Galaade), roman dru, cru, hypertendu, inattendu et magnifique de l’écrivain turc Hakan Günday. Ce francophone de 39 ans a retourné l’énergie cataclysmique célinienne, qui ne lèche plus à plaisir les flammes, ni ne se love dans le fracas, ni n’attise les désastres, mais s’enfonce dans l’horreur pour en sortir. Nullement en signe de rédemption ou d’expiation religieuses, plutôt en vertu d’une libération et d’une régénération politiques.