La rentrée littéraire 2015

La rentrée littéraire 2015: retrouvez toutes nos critiques et des extraits des livres.

Misfits 1/2 : Liberati en inconditionnel

Par
Eva Ionesco, Edwige et Maria Schneider © DR Eva Ionesco, Edwige et Maria Schneider © DR

L’amour est une région bien intéressante, comme disait Tchekhov. Et même passionnante, ainsi que l'écrit Simon Liberati dans Eva. Ou comment, d’un itinéraire un peu fracassé, faire une voie royale. Et se retrouver sur la liste du Goncourt. Extrait en fin d’article.

 

Misfits 2/2: quand Frances Farmer se fait la belle

Par
Frances Farmer durant son long séjour en hôpital psychiatrique. © DR Frances Farmer durant son long séjour en hôpital psychiatrique. © DR

Notre désir est sans remède, de Mathieu Larnaudie, dit l’histoire de l’actrice Frances Farmer. Très loin du biopic, l’écrivain réinscrit l’histoire de cette indocile, bannie d’Hollywood puis psychiatrisée, dans le champ politique de l’Amérique bientôt maccarthyste. Passionnant. Extrait en fin.

Dommages collatéraux

Par

Trois romans étrangers prennent l'Histoire – la guerre en Irak (J’ai vu un homme d’Owen Sheers), en Afghanistan (Une Antigone à Kandahar de Joydeep Roy-Bhattacharya) ou les émeutes de Los Angeles (Six Jours de Ryan Gattis) – par le versant de l'intime.

Prof, et après ? Changer d'air, ou pas

Par

Parmi les 589 livres de la rentrée (dont 393 romans français), un premier roman, signé Marion Guillot dont on ne sait rien, sinon qu’elle est née en 1986. Changer d’air, annonce son titre, comme un manifeste, le constat d’un besoin, existentiel et littéraire, d'un ailleurs.

Hakan Günday: «A nous de savoir si nous allons devenir des murs»

Par

Hakan Günday, romancier turc né en 1976, signe avec Encore (Éd. Galaade) un roman sous forme de confession d'un enfant devenu passeur esclavagiste. Entretien à propos du sort que nous réservons aux réfugiés. Paroles coups de poing d'un réveilleur de consciences…

Boltanski, une histoire si française

Par
Faux autoportraits: quelque part le jeune Christophe Boltanski © Christian Boltanski Faux autoportraits: quelque part le jeune Christophe Boltanski © Christian Boltanski

La Cache, c’est l’histoire d’une famille, c’est aussi la France telle que nous l’aimons ou la rêvons (nous, venus d’horizons si divers), telle que nous la cauchemardons ou la vivons (nous, venus d’horizons si particuliers). La Cache, c’est une Fiat 500 qui brûle les feux, une visite immobilière qui déménage. Extrait en fin d'article.

Jane Sautière, Laure Murat, deux Zazie dans le métro

Par

En 1959, Raymond Queneau publiait Zazie dans le métro. La petite fille a ses épigones contemporains : Laure Murat « devenue plus enragée que Zazie » ou Jane Sautière, qui traversent rames et lignes pour nous offrir des tranches de vie sociale, des éloges de la lecture et un voyage intérieur.

Mary Dorsan, la vie devant nous

Par
 © POL © POL

Du particulier d’un appartement thérapeutique à l’universel. Mary Dorsan, infirmière en psychiatrie, dans un formidable premier roman ancré dans le réel, nous parle de nous-mêmes. Générosités et indifférences, folies et refuges, soignants et soignés, rires, poux et coups, la vie en 700 pages, et c’est très court.

Il était une fois Motor city

Par
 © Thomas Cantaloube © Thomas Cantaloube

« La forme d'une ville/Change plus vite, hélas ! que le cœur d'un mortel », écrivait Baudelaire face au Paris moderne. C’est une disparition qu’observent dans deux livres Thomas B. Reverdy et Alexandre Friederich, celle de Detroit, incarnation urbaine d’une « apocalypse lente » et parabole : « l’occasion troublante, normalement impensable, de contempler les ruines de notre propre civilisation»

« Montecristo » : Suter fait sauter la banque

Par et

Un thriller dans la forme, un défi à la loi des probabilités (et à la loi tout court mais c’est plus fréquent). Noël à Zurich et Pâques au cimetière : remarquablement informé, Montecristo démonte un système financier, interroge le courage et les lâchetés d’aujourd’hui. Mais Martin Suter jure qu’il ne fait que raconter des histoires.

Dans la famille Angot, je demande la mère

Par
Mathilde Monnier, Christine Angot, spectacle © DR Mathilde Monnier, Christine Angot, spectacle © DR

La mère était la grande absente, dans les livres antérieurs de Christine Angot. Au mieux, une silhouette passante. Un amour impossible, récit apparemment simple, s’ouvrant à Châteauroux années 60, réconcilie intime et sociétal, une mère et sa fille, bouleverse sans pathos. Extrait en fin.

Martin Amis, la Shoah comme Viagra littéraire

Par
 © Jennifer Saltman © Jennifer Saltman

Refusé par plusieurs éditeurs français, dont Gallimard qui le publiait depuis 1996, refusé par son éditeur allemand, La Zone d’intérêt de Martin Amis, roman situé à Auschwitz, paraît ces jours-ci chez Calmann-Lévy. Comme le dit si bien Martin Amis lui-même, « l’écrivain a le droit de s’emparer de l’Histoire, encore faut-il qu’il en soit capable »

«Illska», après le mal total

Par

« Évidemment, l’Holocauste pose problème à tous ceux qui se penchent sur la question. » Peut-on encore écrire sur ce passé qui conditionne nos modes de pensée contemporains ? Telle est la question centrale du roman-monde que publie l’écrivain islandais Eiríkur Örn Norđdahl, Illska (Le Mal), sans doute l’un des plus ambitieux de cette rentrée littéraire. Critique et premier chapitre du livre.

«Boussole», de Mathias Enard, nous indique enfin le Sud

Par

Roman majeur de la rentrée littéraire, Boussole (Actes Sud) de Mathias Énard ouvre les voies de l'Orient des lumières. Une prose somptueuse porte ce projet littéraire et politique hors norme. Cet appel du grand large transmet une soif d’altérité, ausculte les différences, opte pour la coexistence: «Le monde a besoin de diversité, de diasporas», dit l'un de ses personnages, Sarah.

Edschmid, Riboulet : lutte armée et corps à corps

Par
Philip S. © DR Philip S. © DR

Ces deux livres-là ont attendu quarante ans avant d’être écrits. Dans l’un, La Disparition de Philip S., Ulrike Edschmid relate le passage de son compagnon à la lutte armée et le Berlin alternatif. Dans l’autre, Entre les deux il n’y a rien, Mathieu Riboulet dit comment il a hérité de cette courte période, action violente et affranchissement des corps, avant les défaites. Extraits des romans en fin d'article.

Enrique Vila-Matas, de l'électricité dans l'art

Par et
 © DR © DR

Avec Marienbad électrique, Enrique Vila-Matas nous convie à une conversation intime, affectueuse, avec l’artiste Dominique Gonzalez-Foerster, exposée à Beaubourg. Intime : aux sources de leurs créations. C’est à la fois réjouissant et stimulant. Passage en revue et entretien vidéo.

Hédi Kaddour : « Les Prépondérants » ou le dernier temps des colonies

Par

Qu’est-ce qu’un bon film, se demande l’un des personnages des Prépondérants, sinon « deux heures d’illusions pour ne laisser d’illusions à personne ? ». Ce pourrait être aussi la définition de l’ample et décapante fresque historique que publie Hédi Kaddour, où une bande de colons vit suspendue aux années 1920.