Mary Dorsan, la vie devant nous

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Du particulier d’un appartement thérapeutique à l’universel. Mary Dorsan, infirmière en psychiatrie, dans un formidable premier roman ancré dans le réel, nous parle de nous-mêmes. Générosités et indifférences, folies et refuges, soignants et soignés, rires, poux et coups, la vie en 700 pages, et c’est très court.

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C’est un livre sur l’humanité. Terrifiante, exaspérante, puante, révulsante, désespérante, saisissante, charmante, bouleversante, encourageante, rayonnante. Vivante, si vivante. C’est un livre qui pour l’essentiel se déroule dans un appartement thérapeutique installé dans un immeuble de briques rouges en banlieue parisienne. C’est un livre sur Thierry qui badigeonne tout de sa merde, un livre sur une infirmière qui regarde la lumière sur la rue par la vitre du bus, ou lit un extrait de Pagnol qui parle de père et de gloire au dos tourné d’un adolescent en jogging sale allongé sur un lit. Un adolescent qui entend, ou pas. C’est un livre sans miracles, ou alors minuscules.