Misfits 2/2: quand Frances Farmer se fait la belle

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Notre désir est sans remède, de Mathieu Larnaudie, dit l’histoire de l’actrice Frances Farmer. Très loin du biopic, l’écrivain réinscrit l’histoire de cette indocile, bannie d’Hollywood puis psychiatrisée, dans le champ politique de l’Amérique bientôt maccarthyste. Passionnant. Extrait en fin.

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C’est une usine. Avec une administration, des hangars, des humains en tous genres et tous costumes, des véhicules, Rolls Phantom ou tracteurs, des animaux, même, et des aboiements la nuit. Des portes qui ouvrent sur d’« immenses halles désertes, nues, en jachère, en attente des prochains tournages qu’elles accueilleront ». Dehors, il y a toujours des gens qui attendent d’entrer, ou d’entrevoir « la fabrique de leurs rêves ». Cette usine a des patrons, l’un d’entre eux se tient près de la porte et du panneau Exit. Il s’est appelé Gelbfisz, puis Goldfish. Maintenant c’est Goldwyn, Sam pour les élus. Dans The Lot, comme on appelle la grande usine hollywoodienne, tout le monde change de nom.