Martin Amis, la Shoah comme Viagra littéraire

Par

Refusé par plusieurs éditeurs français, dont Gallimard qui le publiait depuis 1996, refusé par son éditeur allemand, La Zone d’intérêt de Martin Amis, roman situé à Auschwitz, paraît ces jours-ci chez Calmann-Lévy. Comme le dit si bien Martin Amis lui-même, « l’écrivain a le droit de s’emparer de l’Histoire, encore faut-il qu’il en soit capable »

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Il y a une excellente page dans La Zone d’intérêt : la 383. Historiens, récits et témoignages de déportés, de nazis ou opposants allemands ; Hannah Arendt, Primo Levi, Victor Klemperer et même Paul Celan, ils sont tous là. Cités dans la postface, sorte de bunker littéraire prévenant tout soupçon : mes sources furent les bonnes. On se dit alors, en refermant le livre, qu’on peut avoir tout lu et peu compris. Ou pire, faire son original. Ou pire encore, confondre la banalité du mal avec sa banalisation.