«Le terme de croisade porte en lui une mémoire de l'agression»

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Alors que Barack Obama a prononcé un discours attendu sur le Proche-Orient et que la guerre en Libye entame son troisième mois, l’historien Abbès Zouache se penche sur les effets, dans le monde arabo-musulman, de l’usage du terme de « croisade » par George W. Bush, Oussama Ben Laden ou, plus récemment, Claude Guéant.

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2001-2011. Dans le discours consacré au Proche-Orient prononcé ce jeudi, le président américain Barack Obama avait sans doute à cœur de clore une séquence ouverte par les attentats du 11 Septembre, à laquelle les révolutions arabes et la mort d’Oussama Ben Laden donnent l’espoir de mettre un terme. Du côté de George W. Bush comme de celui d’Al-Qaïda, l’affrontement a été vécu, pensé et formulé comme une croisade. Mais ce terme, qui aurait pu être enterré en même temps que l’idée d’une lutte séculaire et civilisationnelle entre l’Orient et l’Occident, a trouvé malheureusement un nouveau prolongement avec la guerre en Libye, qui entre dans son troisième mois. Avec le début des frappes contre les troupes du régime de Kadhafi, Claude Guéant ou Vladimir Poutine ont réactivé un vocabulaire et un imaginaire désastreux. Abbès Zouache, historien spécialiste du Proche-Orient et membre scientifique de l’Institut français d’Etudes orientales du Caire, décrypte à quoi renvoient, dans le monde arabo-musulman, l’histoire et la mémoire des croisades.