Germaine Tillion, une conscience pour le XXe siècle

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Scientifique, elle a accompagné la naissance de l'ethnologie en Algérie. Résistante, elle a survécu à Ravensbrück. Humaniste, elle a œuvré contre la torture et le terrorisme pendant la guerre d'Algérie. Germaine Tillion est morte samedi 19 avril, à l'âge de 100 ans.

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«C'est un destin qui se confond presque avec l'histoire de France au XXe siècle.» Tzvetan Todorov, président de l'Association Germaine-Tillion, vient d'annoncer la mort, samedi 19 avril, de l'ethnologue qui a sillonné l'Aurès dans les années 1930, de la résistante, chef du réseau Musée de l'homme, arrêtée et déportée à Ravensbrück, de celle qui s'est opposée à la torture pendant la guerre d'Algérie, de l'humaniste. «Elle espérait qu'un jour on changerait la devise républicaine en mettant le mot “fraternité” en tout premier. Elle voulait que “liberté et égalité” viennent après “fraternité”. C'est la vertu qu'elle aurait voulu léguer à ses contemporains.»