Happening à la gloire d'une démocratie où les élections ont disparu

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L'artiste Christophe Meierhans s'est lancé dans l'écriture d'une constitution, qui imagine les contours – crédibles ? – d'une démocratie sans élections. Sur scène, de passage en Ile-de-France à partir de vendredi, il défend ce texte lors de performances jouissives, entre cours de science politique et fantaisie SF.  

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Des centaines d'Islandais ont participé, après le « krach » de l'île en 2008, à la rédaction d'une nouvelle constitution (qui n'a finalement pas vu le jour). En Espagne, dans le sillage du mouvement « indigné » surgi en 2011, des activistes de plus en plus nombreux militent pour un retour à la république, pour tirer les leçons de la crise (lire ici). En Belgique, l'expérience du G1000, sous l'impulsion notamment de l'écrivain David Van Reybrouck, a remis au goût du jour le tirage au sort en politique (lire ici).

Depuis le printemps 2013, l'artiste d'origine suisse Christophe Meierhans s'est lancé dans une entreprise jouissive, qui n'est pas sans écho avec ces expériences, toutes révélatrices du dysfonctionnement des institutions politiques sur le continent. Son projet est massif : l'écriture d'une constitution, à la fois totalement fictive mais aussi très crédible (20 sections, 350 articles), qu'il présente au public lors d'une performance oscillant entre conférence de science politique et happening permanent.

À l'origine de sa démarche, Meierhans reprend l'une des idées-forces déjà énoncées, par exemple, par David Van Reybrouck dans son dernier essai (Contre les élections, Actes Sud, coll. Babel 2014) : la pratique de la démocratie est bien plus ancienne que l'organisation d'élections. Pour le dire vite, la démocratie représentative électorale, telle qu'elle se pratique en Europe, serait à bout de souffle, parce que la voix des citoyens n'y est écoutée qu'une fois tous les quatre ou cinq ans. Laissons les partis politiques sclérosés de côté, et imaginons autre chose…