Le populisme de gauche, réponse à la crise démocratique?

Par

Jusqu’à encore très récemment, et pour une part aujourd’hui, le terme « populisme » avait un caractère méprisant. Pour les classes dominantes, l’emploi de ce mot sert à stigmatiser toute proposition ou attitude de rupture avec l’ordre existant. Il semble cependant que, pour certains à gauche, il soit en train d’acquérir ses lettres de noblesse comme réponse à la crise démocratique actuelle. Son changement de statut et son apparition dans le débat public confirment, s’il en était besoin, l’ampleur de cette crise. Faut-il pour autant se réclamer du populisme, fût-il de gauche ?

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

La question de savoir s'il faut se réclamer du populisme renvoie à deux débats de nature différente. Le premier porte sur le jugement que nous pouvons porter sur les orientations et les pratiques politiques de mouvements ou de gouvernements qui se réclament plus ou moins du populisme de gauche. Ce débat sort du cadre de cet article et ne sera pas abordé ici. Le second vise à prendre au sérieux ce qu’écrivent les théoriciens du populisme qui se réclament de la gauche, Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, et de discuter de leurs thèses.