«Ça ira...» de Joël Pommerat: du théâtre au texte

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Ça ira (1) Fin de Louis a été un événement théâtral cet hiver. Alors que le spectacle mis en scène par Joël Pommerat tourne dans toute la France, son texte paraît aux Editions Actes Sud ; il mérite d’être lu pour lui-même, que l’on ait vu ou non la pièce. Ce n’est pas tous les jours qu’une fiction étend notre intelligence politique : redécouvrez la révolution.

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« Jusqu’ici tout va bien », se répète avant l’impact l’homme qui tombe du haut d’un immeuble : l’amère plaisanterie constituait le motif central de La Haine de Mathieu Kassovitz, il y a vingt ans. Le titre de la pièce de Joël Pommerat, Ça ira (1) Fin de Louis, fait également entendre une ironie tragique dans l’optimisme railleur de la ritournelle révolutionnaire (« Ah ! ça ira… les aristocrates à la lanterne »), mais elle se dit au futur, et la différence est essentielle : il ne s’agit pas seulement de dénoncer un monde qui court à sa perte et se voile la face, il faut aussi retrouver l’énergie d’hommes et de femmes pris dans le mouvement de l’histoire, celle de la Révolution française, qui ne peuvent qu’espérer dans un avenir meilleur, mais sont nécessairement ignorants de ce que le futur leur réserve.