Le roman est grand et Mathias Énard est son prophète. Il y avait eu le roman d’hier, Zone (2008), évocation ahurissante des machines infernales du XXe siècle et de tout ce qui s’ensuit, d’Auschwitz à Jérusalem. Voici le roman d’aujourd’hui, Rue des Voleurs, qui piste les soubresauts du bassin méditerranéen à l’heure des printemps arabes, à travers le destin vivace et tragique d’un Marocain soudain sorti de l’adolescence.