«The Price of Peace», sept ans de combat maori

Par Mediapart & Le Festival Fifo

Ce documentaire de Kim Webby, qui vient de recevoir le deuxième prix du Festival international du film documentaire d’Océanie (Fifo), raconte les sept années de combat du leader maori Tame Iti pour que les droits de sa tribu soient reconnus par la Nouvelle-Zélande. Film en intégralité sur Mediapart.

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Le 13e Festival international du film documentaire d’Océanie (Fifo) a fermé ses portes le 7 février 2016 à Papeete, la capitale de la Polynésie. En quelques années, ce festival s’est imposé comme un des grands rendez-vous du cinéma dans le Pacifique Sud (lire ici). Après la diffusion sur Mediapart du documentaire Tupaia de Lala Rolls (toujours visible ici), voici le film qui a reçu le deuxième prix du festival : The Price of Peace de Kim Webby (lire un entretien ci-dessous). Ce documentaire militant suit durant sept années le combat du leader maori Tame Iti, depuis les raids de la police dans sa tribu et son arrestation, jusqu’à la conclusion d’un « traité de paix » avec la Couronne britannique.

The price of peace © Kim Webby

The Price of Peace // réalisation Kim Webby // Production Christina Milligan, Roger Grant & Kim Webby // 86 min – Nouvelle-Zélande – 2015 //

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Mediapart : En Nouvelle-Zélande, le peuple maori a-t-il la possibilité de s'exprimer par le cinéma, autrement que par le regard de réalisateurs d'origine européenne ?

Kim Webby : Ces trente dernières années, nous avons assisté à une véritable renaissance de la culture maori, notamment à travers la langue et la danse, mais aussi à travers les films. Le cinéma maori a connu un développement incroyable, ces communautés ont eu le désir de se raconter, de faire revivre leur histoire, et de documenter leur vie quotidienne, leur culture et leur spiritualité. Les Maoris ont longtemps été considérés par les réalisateurs d'origine européenne comme « un exotique proche », comme « de bons sauvages ». Mais grâce à l'émergence d'une nouvelle génération de réalisateurs, où l'on trouve beaucoup de Maoris, une « vérité indigène » a fini par être entendue. Le plus célèbre d'entre eux est peut-être Lee Tamahori, qui a réalisé L'Âme des guerriers (1994) en Nouvelle-Zélande, avant de partir aux États-Unis. Il est depuis revenu pour réaliser un film historique qui devrait être très important, Mahana.

Existe-t-il des fonds particuliers, en Nouvelle-Zélande, pour aider les auteurs maoris ?

Nous n'avons pas de programme particulier pour les Maoris, mais une commission qui aide tous les réalisateurs du pays. En revanche, nous avons une véritable tradition cinématographique, illustrée par des réalisateurs comme Peter Jackson. En Polynésie, la situation semble différente : comment produire des œuvres documentaires ou des fictions, avec quels budgets ? En Nouvelle-Zélande, ce qui a été primordial pour aider la création et permettre l'expression d'une « voix maori », c'est la création il y a onze ans de Māori TV. Grâce à cela, beaucoup de jeunes ont acquis de nouvelles compétences, et ont pu passer de la télévision au cinéma. En Nouvelle-Zélande, les budgets pour produire des films sont souvent peu élevés, les réalisateurs ont donc la nécessité d'être inventifs. Qu'importe, pour être réalisateur, maori ou pas, il faut être passionné et même un peu fou.

Propos recueillis par Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin

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