45 poèmes pour dire les «moments abîmes» du Rwanda

Par Jean-Yves Potel (En Attendant Nadeau)

Voilà des semaines que je garde sur moi ce petit opuscule de Beata Umubyeyi Mairesse, 82 pages et 45 poèmes. Je le lis et le relis. J’y entre, en ressors. Ne comprends plus, puis reviens, adhère, ému. Il est question de mots, de frontières, de souvenirs, d’oublis. Sur fond de génocide des Tutsis au Rwanda.

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En fait, en ces semaines du vingt-cinquième anniversaire, je m’accroche à ces vers, si forts, si déstabilisants ; j’ai même décidé de ne rien lire d’autre. Des correspondants sur Facebook m’envoient des signes de Kigali, des images comme cette foule de jeunes gens dans un stade, des bougies à la main, chantant dans la nuit, communiquant avec les morts. Une amie raconte : le 7 avril, 10 000 personnes à la veillée du « Kwibuka 25 », au grand stade, « une foule de très jeunes, vertigineuse, et beaucoup de bougies allumées. Tumulte d’émois à la fin d’un long jour commémoratif ».