L'écrivain Christophe Boltanski prend sa mère en filature

Par Cécile Dutheil (En attendant Nadeau)

« J’aurais pu ne jamais savoir que ma mère écrivait », affirme Christophe Boltanski au début du Guetteur. C’est par hasard qu’il l’apprend, comme il comprend qu’il est né par hasard, à l’époque de la guerre d’Algérie.

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Christophe Boltanski est un homme que sa profession de journaliste et de reporter – de haute qualité – n’encourage guère à suivre des pistes hasardeuses. Ses livres précédents le situent tous du côté de l’enquête rigoureuse, vérifiée sur le terrain et appuyée sur des témoignages de première main. Mais peu à peu, il s’est déplacé du côté de l’ego-enquête, un trajet dont Le Guetteur est une forme d’aboutissement. Le livre est un portrait de sa mère, appelée Françoise L., et il est difficile de ne pas le lire comme le second volet d’un diptyque familial dont le premier était La Cache, paru il y a trois ans, récit méticuleux consacré à la famille paternelle de Christophe Boltanski.